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Le SYSCOHADA à l’ère du digital : Il est désormais possible de générer ses états financiers en ligne

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Un compte en ligne et une balance au format Excel de l’exercice comptable voila tout ce qu’il faut désormais pour obtenir les états financiers de son entreprise. Fini les aller-retours incessant entre le bureau et le cabinet du comptable. Cette innovation est du cabinet de conseil Pco Partners.

Le Cabinet a lancé, le 15 Février 2019, PUGEF, une plateforme en ligne qui permet de générer en quelques clics, les états financiers de son entreprise conforme aux normes du SYSCOHADA. La PUGEF permet d’obtenir le bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie de son entreprise. Elle permet également aux entreprises de gagner du temps et de limiter les erreurs dans l’élaboration des états financiers.

Jusque là, les entreprises sollicitaient les services des cabinets de comptabilités ou comptaient sur la dextérité de leurs comptables en interne afin de confectionner leurs états financiers qui est, en soi, un travail fastidieux. La tâche nécessite beaucoup de temps, de la concentration et de méticuleux calculs. Entre l’enregistrement des opérations dans les journaux comptables respectifs, l’établissement de la balance, du bilan comptable et du compte de résultat, des erreurs peuvent s’y glisser et compromettre la crédibilité de l’information financière fournie.

Ces états financiers servent de base lorsqu’il s’agit d’apprécier les performances financières d’une entreprise qu’il s’agissent de trouver des financement auprès des banques ou des investisseurs mais aussi pour l’administration fiscale dans la détermination des impôts à payer.

Vers une nouvelle configuration de la gestion d’entreprise en Afrique

Le cabinet Pco Partners vient ainsi contribuer à rendre plus facile et moins coûteuse la gestion des entreprises. Le dynamisme des entreprises est souvent confronté aux obstacles administratifs et légaux. Ces contraintes ont pour conséquences de maintenir les acteurs économiques dans l’informel ou bien, pour les plus conformistes, de se contenter du statut d’entreprise individuelle; moins intéressant.

Lex4 – Services juridiques en ligne pour l’Afrique

Des efforts sont en train d’être faits dans le sens de favoriser l’essor des entreprises au Sénégal, notamment avec la possibilité de créer des sociétés à responsabilité limitée sans exigence de capital social1 et la baisse des frais notariés y afférents2.

Dans la même lancée, La plateforme Lex4 permet de s’affranchir du notaire en concevant soi-même les statuts de son entreprise.

On en est pas encore au niveau des pays développés ou il est possible de créer son entreprise depuis sa maison. Cependant au rythme ou les choses évoluent en ce moment, ce n’est plus qu’une question de temps.

Pourquoi les entrepreneurs échouent-ils?

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es gourous de l’entrepreneuriat vous le diront: l’échec est un pas vers la réussite. Cependant certains facteurs d’ordre sociale, financier et personnel maintiennent les entrepreneurs emprisonnés dans la spirale de l’échec.

1. La procrastination

La roue de l’échec : David Cochard

La procrastination est la principale ennemie de l’entrepreneur. Elle l’empêche de se réaliser en le maintenant dans une paresse perpétuelle et reportant sans cesse ses délais de réalisations avec de faux prétexte. Nous rencontrons toujours des jeunes avec de bonnes idées qui échouent dans leur projet tout simplement par paresse intellectuelle. Cela arrive lorsqu’on doit, par exemple préparer une présentation de son projet, rédiger son business plan, ou plus simplement commencer à développer le produit.

2. L’absence de réalisme dans l’élaboration de son produit

Les individus ont des idées et parfois de très bonnes idées. Cependant les bonnes idées ne font pas les affaires ni une entreprise. La passion pour un secteur d’activité donné comme l’agriculture ou le digital ne doit pas maintenir l’entrepreneur dans un cap qui ne présente pas de débouchés. Le premier objectif d’une entreprise est de générer du profit et d’enrichir son propriétaire. Des applications que les créateurs pensaient innovantes à l’origine ont été développées sans qu’elles aient suscité un engouement de la part des usagers parce qu’elles ne correspondaient pas à un besoin réel.

3. la recherche effrénée de la perfection

Ce tweet à lui seul résume la question de la quête de la perfection. Elle est impossible à atteindre. Il ne faut pas chercher à lancer un produit parfait, mais un produit qui satisfait au mieux les besoins essentiels. Des améliorations peuvent être apportées par la suite parce qu’on aura mieux étudier le marché, et mieux compris les besoins des clients comme le souligne Eric Ries dans son livre Lean Startup: “Les premiers produits n’ont pas à être parfaits”. Ils doivent permettre de recueillir le maximum d’informations par retour d’expériences des clients afin de les adapter.

Dans l’un de ses articles où il traite de la perfection Ibuka Ndjoli précise: “Je connais des gens qui, à force de chercher à faire le lancement parfait et spectaculaire de leur produit ou service, n’ont finalement rien lancé.”

4. L’absence de financement

C’est vrai sans ressources financières adéquates, aucun projet ne peut voir le jour. Cependant nous oublions souvent que le premier bailleur de fonds d’une entreprise c’est l’entrepreneur lui-même et ses clients. Les projets complexes présentent beaucoup de difficultés à se faire financer. Leur nature complexe et incertaine retient les investisseurs qui préfèrent pour la plupart soutenir des projets dont le risque est maîtrisé et l’espérance de rendement favorable. Si le produit intéresse peu le client, alors il est certain que le projet ne sera soutenu par aucun investisseur. De plus, dans le cas de projets innovants relevant de la haute technologie, il faudrait au préalable produire ne serait ce qu’un prototype fonctionnel afin de rassurer les investisseurs, d’une part, sur la capacité à concevoir le produit et d’autre part sur l’intérêt qu’il pourrait susciter chez le client. Hormis les grandes boites qui disposent de gros budgets en recherche et développement, trop peu sinon aucun n’est disposé à financer un concept ou un simple business plan.

Pour palier ce problème d’accès au financement, les entrepreneurs doivent accepter de partager leurs projets avec d’autres qui disposent de ressources pour lui de se lancer. Ces ressources peuvent être de nature pécuniaires ou techniques.

5. Le contexte social défavorable à l’entrepreneuriat

L’entrepreneur rencontre souvent beaucoup de difficultés dans ses projets. Il fait souvent face à des obstacles sociaux qui tirent leurs origines dans le cercle familiale. Le travail salarié était jusque la mieux valorise que l’auto-entrepreneuriat. Ces obstacles se matérialisent par un absence de soutien familiale jugeant l’activité ou la personne immature ou non rationnel. Cette situation justifie la peur qu’ont beaucoup de salariés qui le souhaitent de se reconvertir dans l’entrepreneuriat et la préférence des nouveaux diplômés pour le travail salarié.

Oumar Diallo : « Un écosystème a un fonctionnement et ce fonctionnement devient naturel lorsqu’il y a des financements »

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Oumar Diallo fait parti des jeunes très actifs dans le milieu de l’entrepreneuriat au Sénégal. C’est un serial entrepreneur qui enchaîne les aventures. Cofondateur et CEO de Paypos Sénégal, la filiale Tunisienne spécialisée dans la télécommunication et la monétique, Oumar vient de lancer Jaayall, un site de vente en ligne. Dans cet interview, il partage avec nous ses impressions sur l’entrepreneuriat au Sénégal.

Qui est Oumar S Diallo ?

Je suis un partisan de l’auto emploi et d’une nation start-up forte qui tire les autres secteurs de l’économie nationale. Je suis fondateur de 02 start-up (OEX IdeeSmart et Paypos) et participe au développement de 02 autres (Kalpay et Primograf).

Etes-vous actuellement salarié ou l’avez-vous été ? si oui dans quel secteur d’activité ? autrement pourquoi ?

Je ne suis pas salarié mais j’ai des salariés, j’ai été salarié en tant que formateur en Gestion de la relation client à PCCI, puis en tant que Directeur pays Wari en Côte d’ivoire. Mais je ne suis plus salarié depuis un an.

Comment avez-vous atterri dans le milieu entrepreneurial ?

J’ai toujours entrepris et aider d’autres à se lancer. Depuis que je suis étudiant, j’entreprenais dans la proposition de service.

Comment analysez-vous l’écosystème entrepreneurial sénégalais ?

Je trouve que les choses bougent dans le bon sens et que les entrepreneurs sénégalais sont des gens courageux qui méritent de bénéficier d’opportunités et de cadre légal favorisant le développement de leurs activités.

il faut que parmi nous ceux qui ont l’étoffe de seniors aident les juniors pour que les générations à venir puissent trouver aussi, à leur tour, des seniors qui baliseront les sentiers.

Des pratiques comme le small acte business à la sénégalaise seront les bienvenues, un pays comme le Sénégal a besoin que ses fils bénéficient de plus de faveurs vous savez. Il faut que parmi nous ceux qui ont l’étoffe de seniors aident les juniors pour que les générations à venir puissent trouver aussi, à leur tour, des seniors qui baliseront les sentiers. L’écosystème sénégalais est dynamique et bouge dans tous les sens et les incubateurs ainsi que certains « champions » sont là pour orienter les entrepreneurs dans la bonne direction. Dans ce travail il faut saluer le rôle des incubateurs comme CTIC, Concree, Jokkolabs, Impact Dakar (devenu Impact Hub Dakar) et les opérateurs comme Orange, la Sonatel et Expresso. Voir expresso accompagner un évènement comme le Kokutana ça fait plaisir ; et Orange associer Senstartup dans son label Buzz startup banlieue est juste formidable. Nous avons besoin d’une politique pro startup, et ceci l’Etat du Sénégal l’a compris avec la création de la DER (Délégation Générale à l’entrepreneuriat Rapide).

Quelle appréciation faites-vous de la Délégation Générale à l’entrepreneuriat rapide (DER) initiée par le Président Macky Sall ?

En tant qu’entrepreneur je ne peux que saluer la DER, il est difficile de faire une levée de fonds pour une start-up. souvent on a recours à des Business Angels qui ne sont pas toujours rapide dans les décaissements une fois que l’acte signé, ce qui est très loin d’être le cas de la DER. Mon cher, bénéficier d’un financement sans garantie avec un différé de 06 mois, il fallait le faire. le « startupper » n’a besoin que de soutien et ceci a été fait par la DER et sa fabuleuse équipe. Nous le refuser et ne rien proposer à la place c’est juste du bavardage inutile. Je n’écouterai point ceux qui dénigrent mais je les exhorte à faire plus attention dans leurs analyses. Un écosystème a un fonctionnement et ce fonctionnement devient naturel lorsqu’il y a des financements et se réinvente quand ces financements ne sont pas présents. La seule chose que je souhaite la prochaine fois c’est que la recherche et le développement soient encouragés et doivent être intégrés au plan de financement des de l’Etat, puisque nous parlons d’innovations.

Quelles sont vos différentes réalisations en tant qu’entrepreneur. Laquelle de vos réalisations êtes-vous le plus fier et pourquoi ?

Je ne saurai citer mes différentes réalisations car cela fait plus de 10 ans que j’entreprends, mais je suis fier de l’application vendue au fonds d’entretien routier ivoirien qui se chiffre à une bagatelle assez importante pour une jeune start-up. L’autre belle réalisation c’est d’avoir réussi à vendre 20 % des actions de ma startup à un investisseur sénégalais à hauteur de 20 millions avec un ticket d’entrée de 5 millions ça en moins d’une année d’existence, je le prends comme une belle réalisation.

l’autre belle réalisation c’est d’avoir réussi à vendre 20 % des actions de ma startup a un investisseur sénégalais à hauteur de 20 millions avec un ticket d’entrée de 5 millions

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontés lors de l’établissement de vos différentes entreprises.

J’ai eu des obstacles sociaux, pour ne pas dire freins, en effet chez nous le salaire est une garantie et devient une sécurité pour toute la famille proche et lointaine. Il faut entreprendre jeune, lorsque vous avez déja une famille (femme, enfant et autres) c’est difficile surtout si vous n’avez pas une dame qui croit aux mêmes idéaux que vous. Entreprendre rime avec quatre mots Discipline Obsession Persévérance et endurance c’est ma DOPE, lorsque vous êtes optimistes et teigneux vous y arriverez sans trop vous souvenir des obstacles.

Je vois que vous avez lancé une plateforme de commerce électronique. En quoi est-elle différente de celles qui existent actuellement sur le marché.

J’ai voulu avec Ibra mon associé démocratiser la vente en ligne et offrir à tout le monde la possibilité de bénéficier d’un espace et vendre tous les produits licites. Jaayall est une marketplace où les vendeurs indépendants, professionnels ou particuliers, ont la possibilité de vendre leurs produits ou services en ligne. La seule condition c’est d’ouvrir un compte qui est gratuit pour les particuliers et payant pour le B2B. Notre modèle économique est basé sur les abonnements, les frais d’insertion, ou la vente directe de nos articles. L’autre particularité c’est notre association avec les start-up comme Kalpay, Paydunya, Payexpress pour le paiement, Ouicarry, Paps, Tex courrier pour la livraison. Ceci facilite l’achat et rend plus fiable les opérations.

Pensez-vous que le développement des modules de paiement à distance puisse apporter grand changement au e-commerce au Sénégal lorsqu’on sait que le mode de règlement privilégié reste le paiement à domicile ?

Il faut une bonne éducation financière pour arriver à la « décashification », l’avenir du e-commerce c’est les fintechs, les paiements mobiles et autres gateway paiement (canaux de paiements, NDLR), nous voyons l’impact de la transformation digitale sur les organisations, les manières de communiquer et les méthodes de travail. En Chine 92% des transactions sont faites sans cash. Il nous faut arriver à ce niveau pour davantage booster ce secteur de l’économie. Nos mamans ont déjà commencé avec le M-commerce grâce au mobile money les articles sur les statuts WhatsApp trouvent vite des acquéreurs sans cash car des envois simples permettent de finaliser les transactions.

Quelles perspectives voyez-vous pour l’entrepreneuriat au Sénégal et en Afrique.

Pour l’entrepreneur sénégalais, il faudra consolider les acquis et aller à l’assaut du reste du continent, nous le ferons cette année avec 3 start-up sénégalaises avec lesquelles nous seront en Cote d’ivoire, Bénin, Togo, le Burkina et même le Djibouti. Pour l’Afrique en général, les anglophones bénéficient de plus de possibilités, il est plus facile pour les Sud-africains, les Nigérians et les Kenyans de trouver des business Angels que pour les start-up francophones. Citez-moi un milliardaire sénégalais qui investit dans les start-up, ils préfèrent sponsoriser les soirées de gala et autres, mais ce serait bien qu’ils se réveillent et pensent à investir dans les secteurs innovants. Nous sommes derrière eux et nous les rattraperons bientôt et nous morcellerons leurs holdings pour en faire bénéficier à toutes les start-up (rires).