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C’est quoi la scalabilité ?

Une fois n’est pas coutume dans l’univers des startups, la scalabilité est un terme emprunté à l’informatique. Chez les techos, il désigne la capacité d’un produit à s’adapter à un changement d’ordre de grandeur de la demande. L’idée est de maintenir les fonctionnalités et les performances en cas de forte augmentation. Par exemple, un serveur ou un site internet. Alors pourquoi dit-on d’une startup qu’elle est scalable ?

Définition de la scalabilité

La scalabilité c’est la capacité d’une entreprise à adapter son business model, son schéma d’entreprise à une forte augmentation de son volume d’activité. Concrètement, sa capacité à passer de la petite startup à la multinationale. La scalabilté permet d’absorber le choc de croissance extrême que certaines startups connaissent.

Faisons un peu d’étymologie, scalabilité vient de «scale» en anglais, à savoir la notion de mise à l’échelle. Une startup est scalable quand elle peut réaliser des économies d’échelles le plus rapidement possible.

Faire attention à la scalabilité c’est comme les écrous d’un avion. On s’assure qu’ils soient bien serrés pour qu’à pleine vitesse l’avion ne se désintègre pas. La scalabilité c’est le fait qu’une start-up multiplie par 10, 20 ou plus son volume d’affaires tout en confortant sa rentabilité. Les charges variables n’ont pas leur place dans les startups scalables.

Pourquoi une startup doit être scalable ?

Une startup doit être scalable pour plusieurs raisons. La première c’est que la scalabilité garantit un potentiel de croissance très supérieur aux autres modèles. Une entreprise qui peut fonctionner de la même façon qu’elle ait 50 ou 5 000 clients sera beaucoup plus encline à la croissance que ses concurrents.

La deuxième raison est que si vous avez besoin d’investisseurs, c’est le meilleur moyen de les séduire. Les taux de croissance pouvant être très importants, si votre modèle est scalable, la rentabilité envisagée sera un argument de poids.

Enfin, parce que la montée en charge ne nécessitera pas, dans un premier temps, de changements énormes comme le recrutement de 50 opérateurs ou encore le développement de 15 sites internet en simultané. C’est donc le meilleur moyen pour éviter de grosses erreurs qui conduisent à l’échec (mauvais recrutement, dépenses inutiles…).

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Comment être scalable ?

La scalabilité a surtout permis de remettre au centre des débats la rentabilité

L’arme ultime de la scalabilté c’est l’automatisation des processus. Les nouveaux modèles sur internet permettent de pousser la scalabilité à son paroxysme. Prenons l’exemple d’une market place. L’inscription du client, la mise en relation, les relances, le paiement, la facturation, le prélèvement de la commission et même la gestion de livraison se font automatiquement. Dans ces conditions, la montée en charge sera très facilement assumée par l’entreprise et la rentabilité sera énorme. Et ce n’est pas Blablacar, Aliexpress, Amazon ou Ebay qui viendront dire le contraire.

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Pour être scalable, il faut y penser dès le départ. Et donc essayer de ne pas vendre des produits « sur mesure », même si vous pouvez faire du « non scalable » pour vous lancer. Je m’explique. Les fondateurs d’AirBnb, modèle scalable par excellence, se sont rendu compte très vite que les photos étaient l’élément déclencheur de la réservation. Ils ont donc fait, eux-mêmes, les photos dans un premier temps (non scalable), avant de s’appuyer sur un réseau de photographes (scalable).

Le top de la scalabilité c’est de créer un produit générique qui conviendra au maximum de clients sans faire trop de modifications. Un exemple pour illustrer cette idée. L’Appstore de l’iPhone. Une seule plateforme, pour un seul objet et des milliers de clients : les développeurs d’applications.

Autre point, ne négligez pas les détails quand vous pensez scalabilité. Amazon avait, par exemple, construit des entrepôts géants. Devant l’afflux de commandes, le nombre de personnes travaillant a fait exploser la température des lieux. Résultat, Amazon a dû acheter en urgence des centaines de climatiseurs. La scalabilité fait apparaitre des problèmes nouveaux.

Les outils informatiques du départ doivent être modulables. Si demain votre application enregistre 100 000 téléchargements, êtes-vous sûr que les serveurs tiendront ? Pourrez-vous augmenter les capacités sans vous ruiner ?

L’équipe doit elle aussi être scalable. Dans un premier temps, favorisez des jeunes talents à fort potentiel qui pourront s’adapter aux évolutions rapides de l’entreprise plutôt que des spécialistes hyper pointus qui seront perdus au premier pivot. Enfin, si la moitié de votre chiffre d’affaires provient d’activités « adaptées », « sur mesures » ou « spéciales » à un client, vous avez raté votre scalabilité.

Tout n’est pas scalable

Maintenant que tout ça est dit et que vous êtes incollable sur la scalabilité, il est temps pour moi de vous dire que tout n’est pas scalable. Les prestations de services par exemple. Un coiffeur par exemple ne pourra pas faire plus de 15 coupes par jour. Si le nombre de clients augmente, il devra nécessairement augmenter son personnel. La rentabilité n’augmentera donc pas malgré l’évolution positive du chiffre d’affaires. Le modèle n’est pas scalable.

Il y a ensuite les activités à moitié scalable. Par exemple, les sites de ventes privées. Tout le processus d’inscription, d’achat, de relation client est automatisé et scalable. Mais en ce qui concerne la préparation des commandes et la gestion des entrepôts, ce n’est pas scalable.

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La scalabilité a surtout permis de remettre au centre des débats la rentabilité. On a parfois tendance à l’oublier, mais une startup reste une entreprise et une entreprise se doit d’être rentable. 

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