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Orange peut-il faire autrement que de s’aligner à la concurrence

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Si Sékou Dramé, actuel directeur Général de la Sonatel, prospecte jusque dans les transports en commun plus précisément les « supers », c’est que la concurrence fait bien ses effets dans les comptes de l’entreprise. Acculé d’abord par Free Sénégal sur son marché du mobile où elle est leader, Wave, le nouvel acteur du transfert d’argent le contraint à baisser malgré elle ses tarifs au bonheur, ou pas, des consommateurs.

Pourquoi changer ce qui marche ?

Orange vient de s’aligner pour la énième fois, à la concurrence en révisant à la baisse, les frais de transfert d’argent. La raison, Wave, la société de transfert qui existe au Sénégal depuis 2016, qui a réalisé la prouesse de rendre gratuit 80% de ce qui constituait les revenus d’Orange. l’entreprise, qui a pu lever 200 millions de dollars auprès d’investisseurs dans l’opération qualifiée de la plus importante levée de fonds jamais réalisé sur une fintech évoluant en Afrique, bouscule Orange dans ses principaux marchés: la Cote d’ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

La riposte ne s’est pas fait attendre, Orange fait comme la concurrence allant jusqu’à rajouter un code QR qui devrait être associé à une carte tout comme Wave.

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Cette manie d’Orange à suivre ses concurrent n’est pas nouvelle, et pour cause, elle n’a presque jamais initié une innovation. En 2007, Tigo (actuel free Sénégal) lançait la une offre inédite, proposer l’achat et le partage de crédit à partir de 100 FCFA à une époque ou la téléphonie était marquée par les télécentres service exclusivement proposé par la SONATEL. Pour riposter, La SONATEL via sa filiale Orange lançait son offre seddo, produit qui allait cannibaliser, contre leur volonté, les télécentres.

Ensuite Wari SA lançait sa plateforme de transfert d’argent profitant de la bonne pénétration du mobile. Il était alors possible d’envoyer de l’argent n’importe où au Sénégal. La SONATEL , flairant le coup, décide de s’intéresser à ce créneau naissant, et lance son produit orange Money. Il avait, à cet époque, ce qui manquait à Wari, la téléphonie mobile. En s’inscrivant sur orange Money, le souscripteur détenait dans son téléphone un portefeuille à partir duquel il pouvait facilement recevoir et envoyer de l’argent à un autre abonné détenteur d’un compte orange money qui sera par la suite élargi à tout le monde. pour transférer et retirer de l’argent, il n’était pas nécessaire d’avoir internet, toutes les opérations pouvaient se faire à travers un code court, dont l’exploitation était exclusivement géré par les opérateurs téléphoniques avant qu’elle ne soit libéralisé en 2018. Avec Wari, ceux qui n’avait pas un smartphone et internet ne pouvait pas stocker leur argent dans un portefeuille, il fallait le retirer obligatoirement. Le service était voué à l’échec. Était-ce l’une des raison pour laquelle Wari sa a souhaité acquérir la licence de l’opérateur Tigo ?

A sa venue, Free Sénégal, ouvre une nouvelle voie au consommateur. Elle propose désormais des forfaits téléphoniques en réduisant drastiquement les frais, ce qui contraignait encore une fois Orange à s’aligner mais difficilement, après avoir constaté un effritement de ses parts de marché, allant jusqu’à se lancer dans une bataille juridique pour dénoncer une concurrence déloyale.

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Des objectifs financiers spécifiques à Orange

La Sonatel, exploitant de la marque Orange au Sénégal, est la seule entreprise cotée en bourse (BRVM), parmi celle avec qui elle se partage les différents marchés. Elle représente l’une des plus grosse capitalisation de cette dernière. 23% de son capital sont échangés en bourse. De ce fait, elle subit plus que ces concurrents les réactions de son marché.

L’action a clôturé à 13.700 FCFA le 26/11/2021 soit moins que sa valeur à son fractionnement en 2012 qui était de 14.000 FCFA. Elle a amorcé sa chute depuis 2019 alors qu’elle s’échangeait autour de 22.000 FCFA, une baisse de 49% de sa valeur très remarquée à tel point que certains analystes préconisent la prudence sur l’achat.

Evolution du cours boursier de la Sonatel depuis 2010

En tant qu’entreprise cotés, l’entreprise a un calendrier vis a vis des investisseurs qui attende des dividendes intéressantes mais aussi, une hausse des cours de l’action de manière à tirer une bonne plus-value; ce dont ne sont pas soumis les investisseurs de de free Sénégal et de Courant Sène. Ce suivisme garantissait à Orange un maintien, au mieux une hausse des rendements profitant de son statut de monopole avant que les investissements consentis par la concurrence ne fasse bouger la balance à ses dépends.

Par ailleurs, la structure de son capital est moins flexible, et doit faire davantage preuve d’ingéniosité pour mobiliser des financements en interne ou sur les marchés financiers.

La baisse forcée des tarifs d’orange est accueillie par les consommateurs comme une preuve de surfacturation et une succion de leur revenu. Si peu baisser ses tarifs c’est qu’il pouvait le faire depuis le début.

Si la baisse lui permet de se reposition sur le secteur des transferts d’argents, Orange espère qu’elle se compense par l’augmentation du volume des échanges qui sera induite, mais c’est un combat loin d’être gagné d’avance.

Au lieu d’imposer sa volonté, La Sonatel aujourd’hui se trouve dans une posture qui l’oblige à satisfaire les intérêts du marché financier par l’amélioration de l’expérience client. Aujourd’hui Orange se trouve dans une posture non enviable, continuer d’être rentable tout en baissant ses tarifs. Et si elle quittait la BRVM ?

 

 

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