Après le Covid-19, gérer la crise

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Les entreprises n’ont pas encore pleinement humé l’air de la nouvelle année 2020 qu’elle entre de plein pied dans la plus grande crise sanitaire du Covid-19 annoncé comme pandémique par l’OMS depuis le 11 mars 2020. Elle touche 201 pays et plus de 500.000 personnes sont infectées par le virus et a causé le décès de plus de 28.000 personnes. l’Afrique, avec un peu plus de 2700 cas d’infection et 40 décès est le continent le moins touché par le Covid-19. Cependant des mesures exceptionnelles ont été prises par des états africains concernés dont l’Etat d’urgence assortit de couvre feu (comme le Sénégal et la Cote d’ivoire) et le confinement partiel ou total pour d’autres. A ce stade, les scientifiques tergiversent toujours sur l’origine de la maladie mais ce qui est le plus sûr c’est, comme les battements d’ailes qui ont servi à théoriser l’effet papillon, qu’un innocent mangeur de pangolin a fait confiner et mis au chômages des milliers de personnes.

Le Coronavirus au Sénégal

Le Sénégal qui a officiellement révélé son premier cas le 02 Mars 2020 a annoncé pour la 3ème fois depuis son existence, l’Etat d’Urgence. Celui-ci étant assortit d’un couvre feu de 20h à 06h afin de maîtriser la propagation du virus qui a touché 130 personnes. Toutefois les autorités avaient déjà pris un certain nombre de mesures qui ce sont révélées insuffisantes : la fermeture des frontières aériennes, des marchés hebdomadaires, des lieux de cultes, la suspension des événements religieux et des restriction sur les événements familiaux. Ainsi il fallait trouver une solution plus extrême permettant de limiter le plus possible les interactions sociales principale vecteur de propagation du virus. La structure de notre économie ayant eu le dernier mot ; il est plus préférable de restreindre les libertés des individus une partie de la journée par un couvre feu afin de les permettre de travailler que de les confiner pour une durée indéterminée sans leur proposer une alternative d’autant plus que les méthodes de redistribution de la richesse de nos Etats, si elles existent, ne sont pas des meilleures.

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Au lendemain de la déclaration du Président Macky Sall, Le ministre des infrastructures, des infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement a annoncé entre autres:

  • l’interdiction du transport interurbain
  • la fermeture de la gare routière des baux maraîchers
  • la limitation du nombre de passagers des bus, minibus et autocars à la moitié des places prévues par la carte grises
  • la limitation du nombre de passagers des taxis à 3 personnes y compris le chauffeurs.

face à cette décision ajouté du couvre feu instauré de 20h à 06h, la majorité des transporteurs ont préféré rester au garage. cette mesure entraîne en effet, une forte réduction de leur chiffre d’affaires alors qu’aucune décisions d’accompagnement n’a été prises comme la suppression temporaire du péage et la réduction du prix du carburant pour compenser leurs pertes.

Quelles accompagnement pour les entreprises sénégalaises

Au Sénégal, 90,2% des emplois sont créés par le secteur privé contre 4,8% dans le secteur public. Et pire, 96,4% des emplois sont informels; presque la totalités des emplois créés.

La limitation de la mobilité occasionnée par la conjoncture rend difficile l’accès du personnel aux entreprises. Celles qui le peuvent sont passées au télétravail. Tout le cycle économique grippé et l’Etat tarde à mettre en oeuvre les préconisations du Président Macky Sall pour venir en aide aux entreprises fortement impactées. Il avait annoncé dans son discours, accorder « une remise partielle de la dette fiscale constatée au 31 décembre 2019 due par les entreprises et les particuliers, pour un montant global de 200 milliards » et la mise sur pied d’un Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du COVID-19, FORCE-COVID-19, qui sera doté de 1000 milliards de FCFA. La contribution de ce fonds s’élève aujourd’hui a un peu plus d’1 milliard, très loin des objectif annoncé.

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Conscient de son rôle majeur dans le financement de l’économie, La BCEAO a décidé d’apporter son soutient aux économie de la zone UEMOA en permettant aux banques d’accorder plus facilement et à moindre coût des crédits aux entreprises et aux Etats en vu de faire face au dépenses urgentes liées à l’épidémie, d’accompagner les entreprises affectées par les conséquences du Covid-19 et qui rencontrent des difficultés à honorer leurs échéances.

Cependant ces solutions apportées ne suffisent pas, cette pandémie laisse entrevoir une crise économique majeure qui pourrait plomber toutes les politiques de développement élaborés jusque là par les gouvernements. Le COVID-19 risque d’accélérer la faillite de beaucoup d’entreprises, la restructuration de certaines par des licenciements en masse pour motif économique totalement justifiés. Il faut le dire, le COVID-19 affecte la ressource la plus importante de l’économie: le capital humain

Une enquête a été initiée par la Direction du Développement du Secteur Privé pour recueillir les préoccupations, orientations et propositions des entrepreneurs et chefs d’entreprises dans le cadre de la mise en place d’un plan de riposte au COVID 19.