<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:series="https://publishpress.com/"
	>

<channel>
	<title>Afrique Archives &#8211; Réverbère</title>
	<atom:link href="https://reverberelemag.com/category/afrique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://reverberelemag.com/category/afrique/</link>
	<description>Revue d&#039;analyse économique et financière · Afrique de l&#039;Ouest</description>
	<lastBuildDate>Sun, 04 Oct 2026 16:00:18 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/cropped-cropped-Logo-Reverbere-03-32x32.png</url>
	<title>Afrique Archives &#8211; Réverbère</title>
	<link>https://reverberelemag.com/category/afrique/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>L&#8217;Afrique est-elle en train de rater le siècle de l&#8217;intelligence artificielle ?</title>
		<link>https://reverberelemag.com/lafrique-est-elle-en-train-de-rater-le-siecle-de-lintelligence-artificielle/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lafrique-est-elle-en-train-de-rater-le-siecle-de-lintelligence-artificielle</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2026 16:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation & Tech]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=47132</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/IA-et-lAfrique-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/IA-et-lAfrique-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/IA-et-lAfrique-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />Pour alimenter un seul centre de données, il faudrait éteindre le pays. C&#8217;est, en substance, ce que le président kényan, William Ruto, a expliqué en novembre 2025 à propos du campus que Microsoft et G42, un groupe émirati, projettent près d&#8217;Olkaria. Coût annoncé : 1 milliard de dollars. Puissance : 100 mégawatts au départ, un [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/lafrique-est-elle-en-train-de-rater-le-siecle-de-lintelligence-artificielle/">L&rsquo;Afrique est-elle en train de rater le siècle de l&rsquo;intelligence artificielle ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/IA-et-lAfrique-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/IA-et-lAfrique-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/IA-et-lAfrique-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p data-lfile-container="7af5c65f-d377-4b00-86b5-b9ef028ac4c5" data-pm-slice="1 1 []">Pour alimenter un seul centre de données, il faudrait éteindre le pays. C&rsquo;est, en substance, ce que le président kényan, William Ruto, a expliqué en novembre 2025 à propos du campus que Microsoft et G42, un groupe émirati, projettent près d&rsquo;Olkaria. Coût annoncé : 1 milliard de dollars. Puissance : 100 mégawatts au départ, un gigawatt à terme. Face à un réseau national d&rsquo;environ 2,4 gigawatts de capacité effective, ce site avalerait plus de 40 % de la production du pays.</p>
<p>L&rsquo;anecdote dit l&rsquo;essentiel. L&rsquo;Afrique abrite entre 18 et 20 % de la population mondiale et moins de 1 % de la capacité mondiale de centres de données. C&rsquo;est le continent où est né <em>Homo sapiens</em>, et il est en train de manquer le rendez-vous technologique le plus important de son siècle. Comment en est-on arrivé là, et que reste-t-il à jouer ?</p>
<h2 id="un-si-vieux-retard">Un si vieux retard</h2>
<p>Les plus anciens fossiles connus d&rsquo;<em>Homo sapiens</em> viennent du Maroc (Jebel Irhoud, environ 300 000 ans) et d&rsquo;Éthiopie (Omo Kibish, environ 230 000 ans). La civilisation, elle, n&rsquo;a pas eu de berceau unique. Elle a surgi, largement indépendamment, en Mésopotamie, dans la vallée de l&rsquo;Indus, en Chine, dans la vallée du Nil, puis en Mésoamérique et dans les Andes. L&rsquo;Afrique compte parmi les plus anciens de ces foyers et parmi les plus durables : un État unifié et l&rsquo;écriture en Égypte, des pharaons venus de Koush au VIIIe siècle avant notre ère, les forges de Meroé.</p>
<p>L&rsquo;histoire ne s&rsquo;est pas arrêtée là. Aksoum, dans l&rsquo;actuelle Éthiopie, frappait monnaie, commerçait de la mer Rouge à l&rsquo;Inde et fut l&rsquo;un des premiers royaumes à faire du christianisme sa religion d&rsquo;État, au IVe siècle. Mansa Moussa, empereur du Mali, accomplit en 1324 un pèlerinage dont on parle encore ; Tombouctou devint une ville de manuscrits. Le Grand Zimbabwe témoigne d&rsquo;une maîtrise remarquable de la pierre sèche.</p>
<p>Puis vint l&rsquo;interruption. Près de 20 millions de personnes ont été déportées d&rsquo;Afrique entre 1400 et 1900, toutes traites confondues, selon les estimations de l&rsquo;économiste Nathan Nunn ; plus de douze millions l&rsquo;ont été par la seule traite transatlantique. Les chemins de fer reliaient les mines à la côte, rarement les pays entre eux. L&rsquo;héritage est encore là : plus de cinquante États aux marchés étroits, dont les exportations restent largement tournées vers les matières premières brutes.</p>
<p>Le calendrier fut cruel. Les grandes bascules technologiques (armes à feu, machine à vapeur, électricité, électronique) se sont produites pendant que le continent était partagé ou en lutte pour son indépendance. En 1960, dix-sept pays accèdent à la souveraineté face à des puissances industrielles qui avaient un ou deux siècles d&rsquo;avance en capital, en universités et en brevets. L&rsquo;armement moderne, lui, reste pour l&rsquo;essentiel importé. Il n&rsquo;y eut pourtant pas de passivité : à Adwa, en 1896, l&rsquo;Éthiopie a battu l&rsquo;armée italienne. Mais l&rsquo;émancipation industrielle et militaire n&rsquo;a jamais eu lieu à l&rsquo;échelle du continent.</p>
<h2 id="la-course-à-la-puissance-sans-lafrique">La course à la puissance, sans l&rsquo;Afrique</h2>
<p>La puissance se construit lentement : des États capables de lever l&rsquo;impôt, une industrie, des universités, un capital qui finance la recherche et l&rsquo;armement. Les Européens, puis les Américains, ont accumulé tout cela pendant que l&rsquo;Afrique subissait la traite, puis le partage colonial. Ce n&rsquo;est pas une note de bas de page : c&rsquo;est ce qui explique que le continent n&rsquo;ait pas pris part, au même titre que les autres, à la course à la puissance. Plusieurs héritages se lisent encore.</p>
<p>Il y a d&rsquo;abord la saignée. Selon Nathan Nunn, 72 % de l&rsquo;écart de revenu moyen entre l&rsquo;Afrique et le reste du monde n&rsquo;existeraient pas sans les traites, une estimation qui reste débattue. Avec Leonard Wantchekon, il montre que les groupes les plus touchés affichent aujourd&rsquo;hui moins de confiance interpersonnelle, et que l&rsquo;atteinte aux institutions pèse deux fois plus que l&rsquo;érosion de la confiance elle-même.</p>
<p>Vint ensuite le partage. Contrairement à une idée reçue, les frontières africaines n&rsquo;ont pas été tracées d&rsquo;un trait à Berlin : la conférence de 1884-1885 a fixé les règles du jeu, et les tracés ont été négociés après, en 1891 pour leur forme initiale et en 1908 pour leur forme finale (valeurs médianes). Paine, Qiu et Ricart-Huguet, dans l&rsquo;<em>American Political Science Review</em>, ont étudié les 107 frontières bilatérales entre territoires africains : 62 % d&rsquo;entre elles ont été influencées par d&rsquo;anciennes frontières politiques, dont 47 par des États africains précoloniaux, et les cours d&rsquo;eau et les lacs forment 63 % des principaux tracés. Des dirigeants africains ont pesé sur les négociations, même si les Européens les dirigeaient.</p>
<p>Cela n&rsquo;a pas épargné les peuples. Selon Michalopoulos et Papaioannou, 229 ethnies sur 825 ont vu au moins 10 % de leur territoire historique réparti entre plusieurs pays, soit environ 40 % de la population africaine. Les territoires ainsi coupés connaissent des conflits environ 40 % plus intenses et des niveaux de vie plus bas (patrimoine des ménages, accès aux services, éducation). Les auteurs reconnaissent que la carte ethnique de 1959 sur laquelle repose leur mesure est imprécise.</p>
<p>Reste la dimension culturelle, que les chiffres saisissent mal. Les langues officielles de nombreux États africains sont celles des anciennes puissances coloniales, et les langues locales ont longtemps été tenues à l&rsquo;écart de l&rsquo;école et de l&rsquo;administration. Cette filiation relève de l&rsquo;analyse de l&rsquo;auteur plus que d&rsquo;une mesure, mais elle éclaire un fait actuel : les langues africaines sont rares dans les données d&rsquo;entraînement des modèles d&rsquo;IA.</p>
<p>Ces héritages touchent précisément ce qui fait la puissance au XXIe siècle : une échelle de marché, un État capable d&rsquo;investir, un capital productif, des savoirs dans ses propres langues. Les puissances d&rsquo;aujourd&rsquo;hui les ont accumulés pendant plusieurs siècles. L&rsquo;Afrique est entrée dans l&rsquo;ère industrielle, puis numérique, avec des marchés morcelés, des économies tournées vers l&rsquo;exportation de matières premières et peu de capital (lecture de l&rsquo;auteur).</p>
<p>Pour autant, l&rsquo;histoire n&rsquo;est pas un verdict. La Chine, aujourd&rsquo;hui l&rsquo;autre grande puissance de l&rsquo;IA, a elle aussi été démembrée et humiliée. Les guerres de l&rsquo;opium (1839-1842 et 1856-1860) lui ont imposé des traités inégaux, des ports ouverts aux étrangers et la cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne, restituée seulement en 1997 ; le Japon a colonisé Taïwan de 1895 à 1945, puis envahi le pays dans les années 1930. Cette période, de 1839 à 1949, est connue comme le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Century_of_humiliation" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">« siècle d&rsquo;humiliation »</a>. On parle plutôt de semi-colonisation que de colonisation, la Chine n&rsquo;ayant jamais été placée tout entière sous administration étrangère. La Corée du Sud, <a href="https://www.britannica.com/topic/Korea-Under-Japanese-Rule" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">colonie japonaise de 1910 à 1945</a>, et l&rsquo;Inde, britannique jusqu&rsquo;en 1947, ont elles aussi rejoint le peloton technologique.</p>
<p>La comparaison a ses limites. La Chine a conservé un État, une écriture et un marché intérieur de taille continentale, et n&rsquo;a pas connu de saignée démographique comparable à celle des traites (lecture de l&rsquo;auteur). Mais la leçon tient : après 1949, puis après 1978, Pékin a misé sur l&rsquo;école de masse, l&rsquo;industrie, l&rsquo;énergie et les infrastructures, avec un État qui planifie et finance. Le BCG Institute, cité plus haut, estime que les modèles chinois offrent 80 à 90 % des performances pour environ 10 % du coût, avec des dépenses d&rsquo;investissement environ six fois inférieures à celles des groupes américains.</p>
<p>Rien de tout cela n&rsquo;exonère donc les États africains nés après 1960. Les économistes se disputent la part des héritages et celle des choix postérieurs (gouvernance, politiques économiques, dépendance aux matières premières, conflits). Cet article ne tranche pas. Il refuse de réduire l&rsquo;écart actuel à une affaire d&rsquo;infrastructures, comme de faire de l&rsquo;histoire un alibi : l&#8217;empire explique le point de départ, pas la trajectoire.</p>
<p>Ce passé compte pour une raison simple : il écarte l&rsquo;explication paresseuse. Le retard n&rsquo;a rien de culturel ni de fatal. Il a des causes, donc des remèdes. Mais il faut distinguer deux niveaux. L&rsquo;histoire fournit la cause structurelle ; l&rsquo;énergie, le capital et le calcul sont la contrainte immédiate, c&rsquo;est-à-dire la forme que prend aujourd&rsquo;hui cet héritage. Au XIXe siècle, il fallait de la poudre et de l&rsquo;acier. Aujourd&rsquo;hui, il faut des centrales, des puces et des données.</p>
<h2 id="les-mégawatts-dabord">Les mégawatts d&rsquo;abord</h2>
<p>L&rsquo;intelligence artificielle passe pour immatérielle. Elle est tout sauf cela. Elle repose sur des puces spécialisées (les GPU), sur des centres de données qui les hébergent, sur l&rsquo;électricité qui les nourrit, sur des données et sur des ingénieurs rares. Qui contrôle ces maillons fixe les règles pour les autres.</p>
<p>Premier écart : l&rsquo;argent. Selon le BCG Institute, les dépenses d&rsquo;investissement des grands groupes technologiques américains ont dépassé 400 milliards de dollars en 2025, contre 63 milliards pour la Chine, et devraient dépasser 800 milliards en 2026. L&rsquo;Association africaine des centres de données (ADCA) estime à 2,5 à 4 milliards de dollars les sommes engagées par les hyperscalers et les investisseurs technologiques dans les centres de données du continent entre 2016 et 2025. À 2,2 milliards par jour, le rythme américain de 2026 épuiserait cette somme en un à deux jours (calcul de l&rsquo;auteur, qui compare une décennie à un rythme annuel, mais l&rsquo;ordre de grandeur parle de lui-même).</p>
<p>Deuxième écart : la facture physique. Une baie de serveurs classique consomme de 5 à 15 kW ; une baie bourrée de GPU de dernière génération en réclame de 60 à 120, selon l&rsquo;ADCA. Rien que pour équiper un site pour l&rsquo;IA, les locataires déboursent de 15 à 25 millions de dollars par mégawatt. La question n&rsquo;est donc plus seulement celle du capital, mais celle de l&rsquo;énergie. Le patron de Cassava Technologies, partenaire de Nvidia sur le continent, le résume ainsi : le coût de l&rsquo;IA, c&rsquo;est au fond le coût de l&rsquo;électricité.</p>
<p>Le cas kényan montre aussi la porte de sortie. En s&rsquo;engageant à acheter de l&rsquo;électricité sur le long terme, des clients de cette taille peuvent rendre finançables de nouvelles centrales. Le projet de Microsoft et de G42 se rapproche désormais du champ géothermique d&rsquo;Olkaria, qui fournit près de la moitié de l&rsquo;électricité du pays, selon l&rsquo;ADCA. Reste à savoir qui en profitera : les serveurs, ou aussi les ménages.</p>
<p>Faute de pouvoir se placer sur ces maillons, la participation africaine se concentre ailleurs, notamment dans le travail humain, souvent invisible, qui entraîne et corrige les modèles (annotation, modération), comme le relève la revue African Business. Le continent fournit du travail et des données, rarement la valeur finale.</p>
<h2 id="le-tableau-de-bord-du-retard">Le tableau de bord du retard</h2>
<p>Le FMI place l&rsquo;Afrique subsaharienne en queue de son indice de préparation à l&rsquo;IA, derrière toutes les autres régions. Le tableau ci-dessous explique pourquoi.</p>

<table id="tablepress-6" class="tablepress tablepress-id-6">
<thead>
<tr class="row-1">
	<th class="column-1">Indicateurs</th><th class="column-2">Valeurs</th><th class="column-3">Sources</th>
</tr>
</thead>
<tbody class="row-striping row-hover">
<tr class="row-2">
	<td class="column-1">Part de la population mondiale</td><td class="column-2">18 à 20 %</td><td class="column-3">CNBC Africa</td>
</tr>
<tr class="row-3">
	<td class="column-1">Part de la capacité mondiale de centres de données</td><td class="column-2">0,6 % ; capacité attendue : 1,2 GW en 2030 (triple de l'actuel)</td><td class="column-3">ADCA, Data Centres in Africa 2026</td>
</tr>
<tr class="row-4">
	<td class="column-1">Centres de données en Afrique subsaharienne</td><td class="column-2">environ 160, soit 5,5 % du total mondial ; près de la moitié en Afrique du Sud, au Nigeria et au Kenya</td><td class="column-3">FMI via Reuters</td>
</tr>
<tr class="row-5">
	<td class="column-1">Utilisation des capacités construites</td><td class="column-2">environ un tiers hors Afrique du Sud ; 74 % en Afrique du Sud</td><td class="column-3">ADCA</td>
</tr>
<tr class="row-6">
	<td class="column-1">Part des talents mondiaux en IA</td><td class="column-2">environ 3 %</td><td class="column-3">Africa AI Governance Index 2026</td>
</tr>
<tr class="row-7">
	<td class="column-1">Professionnels qualifiés quittant le continent chaque année</td><td class="column-2">environ 70 000 (estimation)</td><td class="column-3">Cisco / Carnegie Mellon</td>
</tr>
<tr class="row-8">
	<td class="column-1">Personnes sans électricité</td><td class="column-2">environ 600 millions en Afrique ; plus de 560 millions en Afrique subsaharienne</td><td class="column-3">AIE, OMS</td>
</tr>
<tr class="row-9">
	<td class="column-1">Africains utilisant Internet en 2024</td><td class="column-2">38 %, contre 68 % dans le monde</td><td class="column-3">FMI via Reuters</td>
</tr>
<tr class="row-10">
	<td class="column-1">Gain d'activité lié à l'IA sur dix ans (Afrique subsaharienne)</td><td class="column-2">environ 4 % avec électricité, connectivité et compétences ; 0,4 % de croissance et 0,2 % de productivité sinon</td><td class="column-3">FMI via Reuters</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<!-- #tablepress-6 from cache -->
<p data-lfile-container="7af5c65f-d377-4b00-86b5-b9ef028ac4c5" data-pm-slice="1 1 []">Le retard, ensuite, n&rsquo;est pas que matériel. Des capacités sont construites mais restent largement inutilisées hors d&rsquo;Afrique du Sud. L&rsquo;ADCA y voit à la fois une avance volontaire sur la demande et un obstacle d&rsquo;usage : dans les pays africains à faible revenu, l&rsquo;accès à Internet peut absorber jusqu&rsquo;à 26 % du revenu mensuel moyen. Le FMI en tire la leçon : l&rsquo;avenir de l&rsquo;IA en Afrique dépendra moins de l&rsquo;accès aux algorithmes que de la capacité à bâtir les infrastructures et les institutions qui permettent de les utiliser à grande échelle. L&rsquo;électricité et la politique précèdent le logiciel.</p>
<h2 id="deux-maîtres-ou-aucun">Deux maîtres, ou aucun</h2>
<p>Les centres de données africains dépendent de l&rsquo;étranger à tous les étages. Selon l&rsquo;ADCA, serveurs, semi-conducteurs et équipements réseau sont presque tous importés, et la plupart des grands campus appartiennent à des sociétés étrangères adossées à des capitaux mondiaux. La majorité des données produites sur le continent dort en Europe et en Amérique du Nord, donc sous d&rsquo;autres juridictions : le CLOUD Act américain oblige les fournisseurs de cloud américains à répondre aux demandes de leurs autorités, où que soient stockées les données.</p>
<p>Les gouvernements ne l&rsquo;ignorent pas. Le Nigeria, l&rsquo;Égypte et le Kenya ont publié des projets de politique d&rsquo;IA qui pointent cette dépendance. Celui de l&rsquo;Afrique du Sud admet que le pays est trop exposé aux deux grandes puissances technologiques, les États-Unis et la Chine, y compris pour le matériel. Les initiatives africaines les plus visibles reposent d&rsquo;ailleurs sur des partenaires étrangers : l&rsquo;usine d&rsquo;IA de Cassava fonctionne avec Nvidia, le campus kényan est porté par Microsoft et G42, et plusieurs projets africains open source tournent sur des clouds américains avec des subventions de groupes américains, relève Rest of World.</p>
<p>Le monde de l&rsquo;IA, de son côté, se scinde en deux. Le BCG Institute décrit deux ensembles de moins en moins compatibles. L&rsquo;un, américain, offre l&rsquo;accès aux modèles les plus avancés et une infrastructure cloud mature. L&rsquo;autre, chinois, repose sur des modèles à poids ouverts et des puces nationales, avec, selon ce rapport, 80 à 90 % des performances pour environ 10 % du coût, et des liens commerciaux déjà denses avec le Sud global. Le conseil du BCG aux décideurs africains : ne pas choisir trop tôt, et bâtir la résilience dès la conception (plusieurs fournisseurs, systèmes interopérables, souveraineté des données). Les pressions sur le continent viennent de plusieurs côtés (Occident, Chine, Russie, Golfe), mais, dans l&rsquo;IA, c&rsquo;est ce face-à-face américano-chinois qui structure le choix.</p>
<p>Le risque d&rsquo;une coupure n&rsquo;a rien de théorique. En juin 2026, l&rsquo;accès à deux modèles de pointe d&rsquo;Anthropic, Claude Fable 5 et Claude Mythos 5, a été suspendu le 12 juin pour se conformer à des contrôles à l&rsquo;exportation du département américain du Commerce, puis rétabli le 1er juillet après la levée de ces contrôles. La mesure ne visait pas l&rsquo;Afrique : elle a même touché des équipes de l&rsquo;entreprise aux États-Unis, note l&rsquo;Atlantic Council. C&rsquo;est ce qui la rend instructive. Un pays qui bâtit ses services publics ou ses entreprises sur un modèle étranger dépend de décisions prises ailleurs, pour d&rsquo;autres raisons, sans lui.</p>
<p>Les modèles à poids ouverts changent la donne sans la renverser. Selon <a href="https://www.techpolicy.press/how-sinoafrican-relations-are-shaping-the-geopolitics-of-ai/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Tech Policy Press</a>, les modèles chinois Qwen et DeepSeek gagnent du terrain chez les développeurs africains pour leur faible coût de déploiement, l&rsquo;accès à leurs poids et leur souplesse d&rsquo;adaptation. Un modèle qu&rsquo;on peut héberger soi-même réduit l&rsquo;exposition à une coupure comme celle de juin. Il ne supprime pas la dépendance : les poids, les licences et les puces restent fixés ailleurs, et une diffusion gratuite est aussi un instrument d&rsquo;influence (analyse de l&rsquo;auteur). Ce que le continent installe aujourd&rsquo;hui sur ses serveurs décidera en partie de qui fixera demain les normes et les mises à jour.</p>
<p>Le continent n&rsquo;arrive pas les mains vides à cette négociation. Toujours selon Tech Policy Press, la République démocratique du Congo détient près des deux tiers de l&rsquo;offre minière mondiale de cobalt, et la Chine est le premier financeur d&rsquo;infrastructures en Afrique subsaharienne. L&rsquo;autrice en conclut que l&rsquo;Afrique est un acteur émergent plutôt qu&rsquo;un spectateur, à condition de diversifier ses partenaires et de parler d&rsquo;une seule voix. C&rsquo;est un argument, pas un acquis : les minerais pèsent sur la scène mondiale, mais rien ne garantit qu&rsquo;ils se convertissent en pouvoir sur le calcul.</p>
<h2 id="des-atouts-sous-réserve-dinventaire">Des atouts, sous réserve d&rsquo;inventaire</h2>
<p>Le tableau n&rsquo;est pas entièrement sombre. Le continent a des atouts réels, à condition de ne pas les prendre pour une avance.</p>
<p>Il y a d&rsquo;abord les hommes. Le Deep Learning Indaba, grand rendez-vous africain de l&rsquo;apprentissage automatique, et Masakhane, collectif ouvert de chercheurs, ont fait émerger une génération de spécialistes. Masakhane a produit des systèmes de traduction couvrant plus de 45 langues africaines et formé plus de cent data scientists. Son cofondateur, le Sud-Africain Vukosi Marivate, également cofondateur de la start-up Lelapa AI, a été nommé en 2026 au panel scientifique indépendant des Nations unies sur l&rsquo;IA.</p>
<p>Il y a ensuite les langues. Les grands modèles s&rsquo;entraînent sur des textes en anglais, en chinois, en français ; les langues africaines y sont rares, faute de données numérisées. C&rsquo;est un handicap, qui prolonge l&rsquo;héritage colonial évoqué plus haut, mais aussi un marché et un terrain de compétence locale. Google Research Africa a publié en février 2026 WAXAL, un jeu de données de parole de plus de 11 000 heures couvrant 21 langues subsahariennes. Le Masakhane African Languages Hub vise des données pour 50 langues, et une soixantaine d&rsquo;organisations, dont le ministère sénégalais chargé des télécommunications, ont rejoint en septembre 2026 un pacte pour l&rsquo;IA en langues locales, selon Billionaires.Africa. Une réserve s&rsquo;impose : une partie de ces données est financée et hébergée par de grands groupes étrangers, et la question de savoir qui en détient les droits reste ouverte.</p>
<p>Il y a enfin les premières briques de calcul. Cassava Technologies et Nvidia ont annoncé un accord de 700 millions de dollars pour déployer 12 000 GPU en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya, en Égypte et au Maroc, selon Reuters. Le Kenya mise sur sa géothermie, et l&rsquo;ADCA estime que l&rsquo;Afrique détient environ 60 % des meilleures ressources solaires mondiales. Du potentiel, donc, mais pas encore de mégawatts installés.</p>
<p>Les politiques suivent, avec le décalage habituel. L&rsquo;Union africaine a adopté en 2024 sa stratégie continentale pour l&rsquo;IA, dont la première phase (2025-2026) porte sur la gouvernance, les stratégies nationales et la mobilisation de ressources. La Déclaration africaine sur l&rsquo;IA, adoptée à Kigali le 4 avril 2025, place la souveraineté parmi ses principes. Quinze pays ont déjà une stratégie ou une politique nationale d&rsquo;IA, selon l&rsquo;ADCA. Un fonds africain pour l&rsquo;IA a été annoncé avec 60 milliards de dollars d&rsquo;engagements ; reste à voir combien est réellement mobilisé. Une stratégie, hélas, ne remplace ni les électrons ni les puces.</p>
<h2 id="dakar-entre-annonces-et-mégawatts">Dakar, entre annonces et mégawatts</h2>
<p>Le Sénégal dispose d&rsquo;une stratégie nationale de développement de l&rsquo;IA, répertoriée comme adoptée dans la base de l&rsquo;UNESCO. Elle reconnaît elle-même ses limites de départ : une pénétration d&rsquo;Internet d&rsquo;environ 60 % début 2024, et un besoin de centres de données, de fibre et de capacité de calcul. Une feuille de route dotée de 7 milliards de FCFA sur deux ans avait été présentée en janvier 2024, et un projet de centre de calcul avait été discuté avec Meta en septembre de la même année.</p>
<p>Les signaux récents vont dans le même sens, avec plus d&rsquo;institutions que de matériel. Le lancement d&rsquo;une « Senegal AI Factory » a été annoncé en août 2026 ; la presse locale en résume ainsi les conditions de réussite : infrastructures, calcul suffisant, électricité fiable, formation d&rsquo;ingénieurs, cybersécurité, cadre réglementaire. Le Premier ministre a placé l&rsquo;IA « au centre » des projets numériques dans sa déclaration de politique générale. Les 21 et 22 septembre 2026, un atelier national a validé une feuille de route sur la valorisation des données, élaborée avec Smart Africa et la GIZ ; le budget 2026 du ministère des Télécommunications et du Numérique atteint 81,06 milliards de FCFA, dont près de 60 % d&rsquo;investissement. Beaucoup de papier, donc, et encore peu de mégawatts.</p>
<p>Ce que les sources publiques consultées ne permettent pas d&rsquo;établir, c&rsquo;est la capacité de calcul effectivement installée au Sénégal. C&rsquo;est pourtant l&rsquo;indicateur qui compte : sans lui, la souveraineté reste une déclaration d&rsquo;intention.</p>
<p>Reste la piste régionale. Huit États partagent au sein de l&rsquo;UEMOA une monnaie et une banque centrale, une base institutionnelle rare en Afrique pour mutualiser ce que chaque pays peine à financer seul : capacité de calcul, règles communes de protection et de localisation des données, formation. La finance (paiement mobile, scoring de crédit, lutte contre la fraude) paraît le terrain d&rsquo;application le plus naturel, avec des enjeux de souveraineté sur des données particulièrement sensibles. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une analyse de l&rsquo;auteur, non d&rsquo;un programme annoncé.</p>
<p>L&rsquo;obstacle est politique avant d&rsquo;être technique. Dans un <a href="https://cipesa.org/download/briefs/Which_Way_for_Data_Localisation_in_Africa___Brief.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">état des lieux de CIPESA</a>, plus de vingt pays africains imposent déjà des règles de localisation des données, parmi lesquels cinq des huit États de l&rsquo;UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d&rsquo;Ivoire, Niger, Togo), et ces règles contredisent les initiatives continentales comme la ZLECAf, qui veulent faire circuler les données. Accepter que des données bancaires ou administratives soient hébergées chez le voisin suppose une confiance que la monnaie commune ne garantit pas.</p>
<h2 id="choisir-ses-dépendances">Choisir ses dépendances</h2>
<p>Que faire ? Cinq chantiers se détachent, et une condition : trouver des clients.</p>
<p>L&rsquo;énergie, d&rsquo;abord. L&rsquo;AIE chiffre à environ 150 milliards de dollars, soit 15 milliards par an, l&rsquo;investissement nécessaire pour donner l&rsquo;accès à l&rsquo;électricité à tous les Africains dans la décennie. Les centres de données peuvent aider à financer des centrales en jouant les clients de référence, comme au Kenya, à condition que l&rsquo;électrification ne serve pas que les serveurs.</p>
<p>Le calcul, ensuite, à mutualiser. Aucun pays ne dispose seul de l&rsquo;échelle nécessaire. Une capacité partagée, ouverte aux universités, aux start-up et aux administrations, par exemple sous forme de GPU en location, est le moyen le plus réaliste d&rsquo;entraîner et d&rsquo;héberger des modèles sur place.</p>
<p>Les langues et les données doivent devenir un actif contrôlé. Les jeux de données en langues africaines ont de la valeur. Il faut décider qui en détient les droits, qui peut les utiliser et à quelles conditions, avant qu&rsquo;ils ne servent à entraîner des modèles étrangers.</p>
<p>Les talents, il faut les retenir et les faire circuler. Le Ghana a placé la mobilisation de sa diaspora au cœur de sa stratégie nationale d&rsquo;IA lancée en avril 2026. L&rsquo;opérateur sud-africain Teraco forme vingt techniciens pour en recruter dix, sachant que les autres seront absorbés par le marché : sans filière de formation collective, chaque entreprise paie pour former les autres.</p>
<p>La résilience, enfin, dès la conception. Les systèmes publics critiques ne devraient pas reposer sur un seul modèle, un seul cloud ou un seul fournisseur de matériel : plusieurs prestataires, des architectures interopérables, des solutions de repli.</p>
<p>Il faut aussi des clients. Un calcul mutualisé que personne n&rsquo;achète resterait un éléphant blanc. Selon l&rsquo;ADCA, cité par <a href="https://techafricanews.com/2026/08/06/the-cost-of-empty-capacity-in-africas-data-centre-boom/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">TechAfrica News</a>, remplir un centre de données à 85 % prend six à huit ans en Afrique, contre deux à trois en Europe ; 80 à 90 % des données africaines sont traitées hors du continent, et héberger une charge à Lagos coûte 20 à 40 % plus cher qu&rsquo;à Dublin. La demande est pourtant aussi un levier. Des administrations, des banques et des opérateurs qui achèteraient ensemble pèseraient davantage sur les prix, la localisation et les transferts de compétences qu&rsquo;aucun pays isolé (hypothèse de l&rsquo;auteur).</p>
<p>Une réserve de taille : souveraineté ne veut pas dire autarcie. Rachel Adams, du Global Center on AI Governance, rappelle que la quête de souveraineté numérique de l&rsquo;Afrique ne peut signifier une indépendance totale vis-à-vis des chaînes d&rsquo;approvisionnement mondiales de l&rsquo;IA. Pour un continent qui part de moins de 1 % de la capacité mondiale, le réalisme consiste à choisir ses dépendances plutôt qu&rsquo;à les subir.</p>
<p>L&rsquo;Afrique a été l&rsquo;un des foyers de la civilisation et le berceau de l&rsquo;espèce. Cela ne lui garantit rien dans la course qui s&rsquo;ouvre, pas plus que la jeunesse de sa population, tant que le calcul, l&rsquo;énergie et les données se trouvent ailleurs. Le décrochage vient d&rsquo;une histoire d&rsquo;extraction et de partition, que les contraintes techniques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne font que prolonger. Ses remèdes dépendent de choix africains, mais aussi de règles fixées ailleurs : la dette, le commerce, les contrôles à l&rsquo;exportation. La question n&rsquo;est pas de savoir si le continent a les têtes. Elle est de savoir s&rsquo;il aura, à temps, les centrales, les serveurs et les règles qui vont avec.</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/lafrique-est-elle-en-train-de-rater-le-siecle-de-lintelligence-artificielle/">L&rsquo;Afrique est-elle en train de rater le siècle de l&rsquo;intelligence artificielle ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Wave, trop gros pour plier</title>
		<link>https://reverberelemag.com/wave-trop-gros-pour-plier/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=wave-trop-gros-pour-plier</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2026 12:20:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Business & Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation & Tech]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=47129</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/Wave-liberant-le-peuple-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/Wave-liberant-le-peuple-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/Wave-liberant-le-peuple-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />Pendant un an, l&#8217;invité le plus attendu de la fête fut aussi son grand absent. Lorsque la Banque centrale des États de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest (BCEAO) a lancé à Dakar, le 30 septembre 2025, sa plateforme de paiement instantané, la PI-SPI, quarante-cinq (45) établissements ont ouvert le service au public. Wave n&#8217;en faisait pas partie. [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/wave-trop-gros-pour-plier/">Wave, trop gros pour plier</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/Wave-liberant-le-peuple-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/Wave-liberant-le-peuple-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/10/Wave-liberant-le-peuple-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p><span class="dropcap dropcap3">P</span>endant un an, l&rsquo;invité le plus attendu de la fête fut aussi son grand absent. Lorsque la Banque centrale des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (BCEAO) a lancé à Dakar, le 30 septembre 2025, sa plateforme de paiement instantané, la PI-SPI, quarante-cinq (45) établissements ont ouvert le service au public. Wave n&rsquo;en faisait pas partie. Il ne figurait pas davantage sur la liste du 16 septembre dernier.</p>
<p>Il est apparu le 30 septembre, jour de l&rsquo;échéance, parmi les 175 participants autorisés (sur 191 concernés). Deux jours plus tard, la BCEAO annonçait que la gratuité des transferts entre particuliers, promesse fondatrice de la plateforme, serait limitée à 8 000 FCFA par jour. Au-delà, des frais pouvant atteindre 0,8 % deviendront possibles à partir du 2 novembre. Les banquiers centraux n&rsquo;aiment pas qu&rsquo;on les dise revenus sur leurs pas. Les faits, eux, ne s&#8217;embarrassent pas de ces scrupules.</p>
<p>Un modèle contre un principe. Wave a conquis l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest avec une idée d&rsquo;une simplicité brutale : dépôts et retraits gratuits, envois facturés 1 %, dans la limite de 5 000 FCFA. L&rsquo;entreprise revendique plus de 23 millions d&rsquo;utilisateurs actifs par mois. Ses transferts, qui circulent en circuit fermé, sont sa principale source de revenus. La PI-SPI repose sur le principe inverse : des envois gratuits entre n&rsquo;importe quel opérateur, banque ou institution de microfinance de l&rsquo;Union. Pour Wave, s&rsquo;y raccorder revenait à ouvrir sa clientèle captive à ses concurrents et à les laisser lui proposer, gratuitement, le service qu&rsquo;il facture.</p>
<p>Les autres ont plié. Les banques se sont alignées tôt. Leurs marges ne dépendent guère des commissions de transfert, et la gratuité les menaçait peu : Ecobank, UBA, la CBAO ou la Société Générale Sénégal comptaient parmi les premiers participants. Plus instructif, Orange Money, qui tire comme Wave des revenus des frais d&rsquo;envoi, figurait déjà sur la liste publiée en novembre 2025. Mais Orange avait de quoi voir venir : adossé à un opérateur de télécommunications, il peut absorber l&rsquo;érosion de ses marges de transfert grâce à ses autres activités, voix, données et abonnements. Wave, qui dépend avant tout de ses transferts, ne dispose pas de ce coussin. Seul Wave a joué la montre.</p>
<p>Trop gros pour qu&rsquo;on s&rsquo;en passe. Il pouvait se le permettre. Une plateforme d&rsquo;interopérabilité sans le portefeuille le plus utilisé de la zone est une plateforme boiteuse, et la BCEAO le savait. Les reports se sont succédé, jusqu&rsquo;à celui annoncé le 25 juin 2026 pour l&rsquo;échéance de connexion. Une banque centrale peut sanctionner un petit établissement récalcitrant. Elle hésite davantage lorsque l&rsquo;intéressé compte des millions d&rsquo;usagers qui s&rsquo;en iraient, eux, sans sourciller.</p>
<p>Une victoire qui ne dit pas son nom. La nouvelle grille ressemble étrangement au modèle qu&rsquo;elle devait combattre : gratuité sur les petites sommes, facturation au-delà, réception toujours gratuite. Elle est plafonnée plus bas que le 1 % de Wave, et la BCEAO affirme que le seuil de 8 000 FCFA couvre 75 % des transactions de monnaie électronique de l&rsquo;Union. Elle invoque l&rsquo;élargissement de l&rsquo;accès des populations.</p>
<p>La victoire reste à confirmer. Les transferts internes de Wave ne passent pas par l&rsquo;infrastructure de la BCEAO, et rien ne l&rsquo;oblige à aligner ses tarifs. Il faudra voir, après le 2 novembre, quels participants factureront réellement, à quel taux, et si les clients apprendront à fractionner leurs envois pour rester sous le seuil. L&rsquo;alignement des transferts entre pays de l&rsquo;Union n&rsquo;interviendra, lui, que le 1er juin 2027.</p>
<p>La BCEAO a tenu son échéance. Wave a tenu son modèle. Des deux, c&rsquo;est le second qui a le plus de chances de durer.</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/wave-trop-gros-pour-plier/">Wave, trop gros pour plier</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La finance sans intérêt suscite beaucoup d&#8217;intérêt</title>
		<link>https://reverberelemag.com/la-finance-sans-interet-suscite-beaucoup-dinteret/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=la-finance-sans-interet-suscite-beaucoup-dinteret</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 15:11:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Finance Islamique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=47084</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Illustration-Finance-islamique-croquis-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Illustration-Finance-islamique-croquis-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Illustration-Finance-islamique-croquis-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />L&#8217;argent, sans les intérêts Aucun banquier ne prête volontiers sans en tirer un profit. La finance islamique en a pourtant fait un principe fondateur : pas d&#8217;intérêt (riba), peu de spéculation (gharar), et un actif tangible derrière chaque transaction. Ce qui passait, il y a une décennie, pour une curiosité juridique cantonnée aux monarchies du [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/la-finance-sans-interet-suscite-beaucoup-dinteret/">La finance sans intérêt suscite beaucoup d&rsquo;intérêt</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Illustration-Finance-islamique-croquis-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Illustration-Finance-islamique-croquis-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Illustration-Finance-islamique-croquis-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><h2 id="largent-sans-les-intérêts" data-lfile-container="0aec3bdf-d9e2-462f-966d-1ecea5f95de6" data-pm-slice="1 1 []">L&rsquo;argent, sans les intérêts</h2>
<p>Aucun banquier ne prête volontiers sans en tirer un profit. La finance islamique en a pourtant fait un principe fondateur : pas d&rsquo;intérêt (<em>riba</em>), peu de spéculation (<em>gharar</em>), et un actif tangible derrière chaque transaction. Ce qui passait, il y a une décennie, pour une curiosité juridique cantonnée aux monarchies du Golfe s&rsquo;impose aujourd&rsquo;hui, porté par une dette conventionnelle à bout de souffle et des besoins d&rsquo;infrastructure vertigineux, comme l&rsquo;un des canaux de financement les plus courtisés du continent africain.</p>
<p>Le jargon, lui, reste hermétique. Le <em>sukuk</em> est l&rsquo;équivalent islamique de l&rsquo;obligation : il rémunère par un loyer ou un partage de revenu, jamais par un taux. La <em>moudharaba</em> répartit profits et pertes entre investisseur et entrepreneur. La <em>mourabaha</em> habille un crédit ordinaire d&rsquo;une marge commerciale déclarée d&rsquo;avance. Trois montages, un seul principe : faire circuler l&rsquo;argent sans jamais prononcer le mot intérêt.</p>
<h2 id="un-géant-sur-la-touche">Un géant sur la touche</h2>
<p>À l&rsquo;échelle mondiale, les actifs de la finance islamique frôlaient 6 000 milliards de dollars fin 2024, avec une projection à 9 700 milliards de dollars à l&rsquo;horizon 2029, selon l&rsquo;indicateur LSEG-ICD. L&rsquo;Afrique, malgré une population musulmane considérable, n&rsquo;en capte pas 5 %, un chiffre que les organisateurs du Forum sur la finance islamique de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest citent moins comme une fierté que comme un aveu.</p>
<p>Le rattrapage, lui, est en marche. En 2025, le continent a émis près de 3 milliards de dollars de sukuk, soit vingt-cinq fois plus qu&rsquo;un an plus tôt, porté par le retour remarqué de l&rsquo;Égypte sur ce marché. Le Nigeria, pour sa part, a vu la septième émission de son sukuk souverain sursouscrite à 735 % en mai 2025 : la demande, visiblement, dépasse largement l&rsquo;offre. C&rsquo;est dans ce sillage que l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest francophone, longtemps spectatrice, se mue en terrain d&rsquo;expérimentation réglementaire.</p>
<h2 id="une-union-qui-rattrape-le-temps-perdu">Une union qui rattrape le temps perdu</h2>
<p>Dans l&rsquo;UEMOA, la finance islamique existe de façon informelle depuis les années 1980. Il aura fallu attendre mars 2018 pour que la BCEAO se décide enfin à fixer des règles. Ce retard n&rsquo;a pas empêché les huit États membres de bâtir, autour de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et de l&rsquo;opérateur UMOA-Titres, l&rsquo;un des marchés de sukuk souverains les plus actifs du continent.</p>
<p>Le mouvement s&rsquo;est construit émission après émission. Le Sénégal ouvre le bal en 2014 avec 100 milliards de FCFA ; suivent la Côte d&rsquo;Ivoire, le Togo et le Mali, à 150 milliards chacun, avant que trois de ces titres ne soient cotés à la BRVM en 2016 pour un total de 766 milliards de FCFA (1,16 milliard d&rsquo;euros). Dix ans plus tard, l&rsquo;ambition change d&rsquo;échelle : le 22 janvier 2026, le Bénin devient le premier pays de la zone à sortir du strict cadre régional, associant un sukuk international inaugural de 500 millions de dollars à un tap d&rsquo;eurobond conventionnel sur sept ans. Cinq mois plus tard, le Burkina Faso lui emboîte le pas avec son propre sukuk souverain, 75 milliards de FCFA sur neuf ans.</p>
<p>Deux banques portent l&rsquo;essentiel de cette architecture : la Banque Islamique du Sénégal (BIS) et la Banque Islamique du Niger pour le Commerce et l&rsquo;Investissement (BIN), présentées, sans trop d&#8217;emphase, comme la pierre fondatrice de la banque islamique en Afrique de l&rsquo;Ouest. Le takaful, l&rsquo;assurance conforme à la charia, y affiche des taux de croissance à deux chiffres, preuve que l&rsquo;appétit dépasse la seule dette souveraine.</p>
<div data-lfile-embed="node/4a50abf1-1676"><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-47085 size-large" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-1024x604.png" alt="" width="696" height="411" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-1024x604.png 1024w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-300x177.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-768x453.png 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-1536x905.png 1536w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-713x420.png 713w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-150x88.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-696x410.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-1068x630.png 1068w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule-568x335.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_uemoa_cumule.png 1900w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></a></div>
<p>Multiplié par onze en douze ans, le marché a changé d&rsquo;échelle sans changer de nature : toujours porté par les États, rarement par les entreprises.</p>
<div data-lfile-embed="node/e1608705-7a0b"><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-47086 size-large" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-1024x582.png" alt="" width="696" height="396" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-1024x582.png 1024w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-300x171.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-768x437.png 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-1536x873.png 1536w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-739x420.png 739w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-150x85.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-696x396.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-1068x607.png 1068w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays-568x323.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/finance_islamique_sukuk_par_pays.png 1900w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></a></div>
<p>Le Sénégal, à lui seul, pèse plus que ses quatre voisins réunis.</p>
<h2 id="dakar-la-tête-de-pont">Dakar, la tête de pont</h2>
<p>Le Sénégal n&rsquo;est pas un simple participant à ce marché : il en est l&rsquo;architecte. Premier émetteur souverain de sukuk de l&rsquo;UEMOA en 2014, il a depuis structuré deux levées de fonds pour 300 milliards de FCFA, avant un sukuk record de 330 milliards en 2022, à des maturités atteignant quinze ans. La finance islamique y représente désormais 8,3 % des actifs bancaires, une proportion honorable pour un secteur qui, ailleurs dans la zone, peine encore à décoller. L&rsquo;État doit revenir sur ce marché en 2026 pour une nouvelle opération.</p>
<p>Ce socle tient beaucoup à la Banque Islamique du Sénégal (BIS), filiale du groupe de la Banque Islamique de Développement et seule institution du pays à opérer exclusivement selon les principes de la charia, et elle serait aussi la troisième banque sénégalaise par le total de bilan, ce qui n&rsquo;est pas rien pour un établissement encore jeune. En octobre 2025, elle a décroché le tout premier financement islamique de la SFI en Afrique subsaharienne, destiné aux PME dirigées par des femmes comme par des hommes. Quatre mois plus tard, en février 2026, elle obtient une ligne de 20 millions d&rsquo;euros auprès de l&rsquo;ITFC, dans le cadre d&rsquo;un partenariat quinquennal de 2 milliards d&rsquo;euros signé en mai 2025, un cadre qui a déjà permis de mobiliser plus de 2,58 milliards d&rsquo;euros pour le pays depuis 2008.</p>
<p>L&rsquo;inclusion financière suit son propre chemin. Le Fonds Islamique de Relance (FIR), filiale du fonds souverain FONSIS, avait atteint 7,5 milliards de FCFA (13 millions de dollars) d&rsquo;investissements cumulés fin septembre 2026, en fonds propres et en moudharaba, au bénéfice de PME agroalimentaires, textiles ou éducatives. Côté microfinance, Al Rahma, filiale de la BNDE lancée en 2019, a obtenu son agrément de Système Financier Décentralisé et prépare cinq agences à Dakar et en région.</p>
<p>Politiquement, le sujet est désormais porté au sommet de l&rsquo;État. Pour le ministre de l&rsquo;Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, la finance islamique est un levier stratégique de la vision Sénégal 2050, rien de moins.</p>
<p>Et l&rsquo;usage qu&rsquo;on en fait ? Moins de chantiers neufs que de tours de passe-passe patrimoniaux, pour l&rsquo;essentiel. Le premier sukuk, en 2014, a financé des « projets de développement économique et social » sans que l&rsquo;État n&rsquo;en détaille les postes, une opacité que le secteur reconnaît lui-même comme un frein à la confiance des investisseurs. Le second, en 2016, est un cas d&rsquo;école du montage sukuk : adossé à une partie de l&rsquo;aérogare de l&rsquo;aéroport Léopold Sédar Senghor, halls, bâtiments administratifs, parkings, hangars, sur 115 hectares, il relève d&rsquo;une cession-bail où l&rsquo;État cède temporairement l&rsquo;usufruit d&rsquo;un actif existant avant de le relouer pour rémunérer les souscripteurs. Le sukuk de 2022 a suivi la même logique, à plus grande échelle : via la SOGEPA, il a permis à l&rsquo;État de racheter les Sphères Ministérielles de Diamniadio, jusque-là détenues en crédit-bail, pour en devenir pleinement propriétaire. Une utilisation qui tranche avec le Nigeria, où les sukuk financent explicitement routes et ponts neufs.</p>
<h2 id="trois-cailloux-dans-la-chaussure">Trois cailloux dans la chaussure</h2>
<p>Reste que le potentiel excède largement ce qui est mobilisé. Le Fonds de développement de la microfinance islamique vise 200 milliards de FCFA à court terme, sur un potentiel estimé à plus du double, et ses promoteurs eux-mêmes identifient trois obstacles.</p>
<p>Le premier est la méconnaissance : la finance islamique demeure mal comprise du grand public comme des entreprises, souvent réduite à sa dimension confessionnelle alors qu&rsquo;elle relève d&rsquo;abord d&rsquo;une mécanique de partage des risques. Le deuxième est fiscal : lors de la première Rencontre Africaine de la Finance Islamique, à Dakar en janvier 2026, les intervenants ont pointé l&rsquo;absence d&rsquo;un cadre fiscal harmonisé au sein de l&rsquo;UEMOA, un frein direct à toute nouvelle structuration. Le troisième touche à la nature même du marché : les émissions restent presque exclusivement souveraines, ce qui pousse les experts à réclamer le passage d&rsquo;une « finance islamique d&rsquo;État » à une « finance islamique de marché », le sukuk corporate demeurant la portion congrue, faute de fonds de garantie pour rassurer les premiers souscripteurs privés.</p>
<p>Une piste, au moins, fait consensus : le commerce électronique, dont la transparence exigée rejoint naturellement les principes de la charia, pourrait réduire les coûts et élargir le marché, la preuve, s&rsquo;il en fallait une, que la finance islamique reste une discipline qui s&rsquo;adapte plutôt qu&rsquo;un carcan.</p>
<h2 id="de-la-piété-à-la-bourse">De la piété à la Bourse</h2>
<p>Entre le sukuk international du Bénin, le premier sukuk souverain du Burkina Faso, la montée en puissance de la BIS et la sursouscription record du Nigeria, un signal unique se dégage : après des années de tâtonnements, la finance islamique ouest-africaine entre dans une phase de maturité et rejoint les circuits internationaux de financement. Le Sénégal, fort de son antériorité, de la solidité de sa banque islamique de référence et d&rsquo;un soutien politique assumé, a de quoi transformer cet essor régional en avantage national, à condition de desserrer l&rsquo;étau fiscal et de laisser enfin le marché, et pas seulement l&rsquo;État, y trouver sa place<span style="color: #222222; font-family: Verdana, BlinkMacSystemFont, -apple-system, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen, Ubuntu, Cantarell, 'Open Sans', 'Helvetica Neue', sans-serif; font-size: 15px;">.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/la-finance-sans-interet-suscite-beaucoup-dinteret/">La finance sans intérêt suscite beaucoup d&rsquo;intérêt</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chine-Afrique : l&#8217;Europe face à la nouvelle donne</title>
		<link>https://reverberelemag.com/chine-afrique-leurope-face-a-la-nouvelle-donne/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=chine-afrique-leurope-face-a-la-nouvelle-donne</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 17:27:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=47053</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Chine-Afrique-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Chine-Afrique-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Chine-Afrique-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />Depuis le 1er mai 2026, la Chine ouvre son marché sans droits de douane aux 53 pays africains qu&#8217;elle reconnaît, pendant que l&#8217;Europe, pourtant premier partenaire commercial et premier investisseur du continent, perd du crédit politique, surtout au Sahel et dans l&#8217;Afrique francophone. Les chiffres et les récits ne racontent pas la même histoire. La [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/chine-afrique-leurope-face-a-la-nouvelle-donne/">Chine-Afrique : l&rsquo;Europe face à la nouvelle donne</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Chine-Afrique-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Chine-Afrique-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/Chine-Afrique-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p><span class="dropcap dropcap3">D</span>epuis le 1er mai 2026, la Chine ouvre son marché sans droits de douane aux 53 pays africains qu&rsquo;elle reconnaît, pendant que l&rsquo;Europe, pourtant premier partenaire commercial et premier investisseur du continent, perd du crédit politique, surtout au Sahel et dans l&rsquo;Afrique francophone. Les chiffres et les récits ne racontent pas la même histoire.</p>
<h2>La Chine : de la diplomatie des prêts à l&rsquo;ouverture de son marché</h2>
<p>Pendant vingt ans, la présence chinoise en Afrique s&rsquo;est construite sur de grands prêts d&rsquo;infrastructures contre des matières premières. Ce modèle s&rsquo;essouffle : le Boston University Global Development Policy Center montre que les prêts chinois d&rsquo;infrastructure sont passés d&rsquo;un pic de 28,8 Md$ en 2016 à 2,1 Md$ en 2024. Pékin change de levier et mise sur l&rsquo;accès à son marché.</p>
<p>Ce repli a une logique financière : selon le même centre, la Chine « tient toujours à être remboursée » et se tourne vers des projets plus petits et mieux évalués, une stratégie souvent résumée par la formule « petits et beaux ». Plusieurs pays africains surendettés, la Zambie en tête, ont dû restructurer leurs dettes, et Pékin s&rsquo;est retrouvé à la table du Cadre commun du G20 aux côtés de créanciers occidentaux (<a href="https://www.axios.com/2023/04/10/china-zambia-default-common-framework-debt-restructuring" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Axios</a>). Le lien de cause à effet entre ces défauts et le recul des prêts est une lecture d&rsquo;analystes, pas une position officielle de Pékin.</p>
<p><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-47058 size-large" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-1024x564.png" alt="" width="696" height="383" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-1024x564.png 1024w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-300x165.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-768x423.png 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-763x420.png 763w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-150x83.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-696x383.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-1068x588.png 1068w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique-568x313.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/3-prets-chinois-afrique.png 1344w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></a></p>
<p>Le 1er mai 2026, la Chine a étendu le tarif zéro à tous les pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, soit 53 pays. Les 33 pays les moins avancés en bénéficiaient déjà, sur 100 % des lignes tarifaires, depuis décembre 2024. Pour les 20 autres, la mesure est temporaire (jusqu&rsquo;au 30 avril 2028) et doit déboucher sur un accord de partenariat économique (CADEPA). Elle est unilatérale : Pékin n&rsquo;exige aucune réciprocité.</p>
<p>Pékin y voit un contraste avec les droits de douane américains et la fermeture européenne, et annonce une hausse de 44 % de ses nouveaux investissements directs en Afrique sur janvier-février 2026 (chiffre du ministère chinois des Affaires étrangères, à prendre comme une déclaration officielle). Sur le terrain, les signaux se multiplient : BYD est passé de 35 à 70 concessions en Afrique du Sud, Huawei a signé un centre de données IA de 400 millions de dollars à Lagos, et le groupe d&rsquo;État SPIC a lancé la première raffinerie d&rsquo;alumine de Guinée.</p>
<h2>Les chiffres : la Chine monte vite, l&rsquo;Europe reste devant</h2>
<p>L&rsquo;Europe demeure le premier partenaire commercial de l&rsquo;Afrique et de loin son premier investisseur ; la Chine progresse en revanche plus vite, avec un solde qui penche en sa faveur.</p>

<table id="tablepress-4" class="tablepress tablepress-id-4">
<thead>
<tr class="row-1">
	<th class="column-1">Indicateurs</th><th class="column-2">Union Européenne (UE)</th><th class="column-3">Chine</th>
</tr>
</thead>
<tbody class="row-hover">
<tr class="row-2">
	<td class="column-1">Commerce avec l'Afrique, 2024</td><td class="column-2">environ 356 Mds de dollars</td><td class="column-3">environ 273 Md€</td>
</tr>
<tr class="row-3">
	<td class="column-1">Croissance du commerce, 2014-2024</td><td class="column-2">+28 %</td><td class="column-3">+64 %</td>
</tr>
<tr class="row-4">
	<td class="column-1">Investissements (stock)</td><td class="column-2">plus de 250 Md€ (2024)</td><td class="column-3">plus de 40 Md$ (2023)</td>
</tr>
<tr class="row-5">
	<td class="column-1">Solde pour l'Afrique</td><td class="column-2">excédent (Bruegel, données 2022)</td><td class="column-3">déficit, record de 29,1 Md$ au 1er trimestre 2026</td>
</tr>
<tr class="row-6">
	<td class="column-1">Accès au marché</td><td class="column-2">plus de 90 % des exportations africaines sans droits</td><td class="column-3">100 % des lignes tarifaires, 53 pays (durable pour les 33 PMA, jusqu'en avril 2028 pour les 20 autres)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<!-- #tablepress-4 from cache -->
<p><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-47057 size-large" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-1024x564.png" alt="" width="696" height="383" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-1024x564.png 1024w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-300x165.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-768x423.png 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-763x420.png 763w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-150x83.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-696x383.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-1068x588.png 1068w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique-568x313.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/1-commerce-ue-chine-afrique.png 1344w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></a></p>
<p>Le commerce Chine-Afrique a atteint 92,3 Md$ au premier trimestre 2026 (+27,1 % sur un an, plus haut depuis 2022), mais le déficit africain se creuse : la structure reste tournée vers les matières premières (en Guinée, 74 % des exportations minières partent vers la Chine). Le plus souvent, l&rsquo;influence chinoise passe par le commerce et les contrats de construction plutôt que par l&rsquo;investissement direct : plus de 70 % de l&rsquo;engagement chinois dans les renouvelables africaines entre 2022 et 2025 a pris la forme de contrats d&rsquo;ingénierie et de construction, selon le Boston University Global Development Policy Center. Le commerce sino-africain total est passé de 275 Md$ en 2024 (Boston University) à un record de 348 Md$ en 2025, dont 225 Md$ d&rsquo;exportations chinoises et 123 Md$ d&rsquo;importations chinoises depuis l&rsquo;Afrique.</p>
<h2 id="le-piège-du-tarif-zéro">Le piège du tarif zéro</h2>
<p>Le tarif zéro est un coup diplomatique, mais il joue surtout dans un sens. En 2025, les exportations chinoises vers l&rsquo;Afrique ont atteint 225 Md$ (+25,8 %), contre 123 Md$ (+5,4 %) pour les importations chinoises depuis le continent, soit un écart d&rsquo;environ 102 Md$ (<a href="https://tradeunionsinafcfta.org/chinas-new-tariff%E2%80%91free-regime-for-africa-the-potential-upside-and-downside/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Trade Unions in AfCFTA</a>).</p>
<p><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-47059 size-large" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-1024x564.png" alt="" width="696" height="383" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-1024x564.png 1024w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-300x165.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-768x423.png 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-763x420.png 763w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-150x83.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-696x383.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-1068x588.png 1068w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025-568x313.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/2-commerce-chine-afrique-2025.png 1344w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></a></p>
<p>Les gains attendus sont inégaux. L&rsquo;Afrique du Sud, le Maroc et le Kenya sont mieux placés pour en profiter, alors que les pays les moins avancés butent sur l&rsquo;électricité, les ports et les télécommunications. Les préférences tarifaires antérieures avaient eu un effet minime : un économiste cité par la même source estime que certains pays n&rsquo;en tiraient que 100 000 dollars de plus par an.</p>
<p>Le risque souvent évoqué est que l&rsquo;afflux de produits chinois à bas prix (véhicules électriques, panneaux solaires) freine la ZLECAf et l&rsquo;industrialisation intra-africaine. L&rsquo;hypothèse est plausible, mais je n&rsquo;ai trouvé aucune mesure chiffrée qui la confirme ; elle reste à traiter comme un risque, pas comme un fait.</p>
<h2 id="minerais-critiques-la-bataille-se-joue-sur-le-raffinage">Minerais critiques : la bataille se joue sur le raffinage</h2>
<p>Le vrai terrain de la rivalité, ce sont les minerais de la transition énergétique. La Chine contrôle environ 60 % de la production mondiale de matières premières critiques et 85 % des capacités de transformation, après vingt ans d&rsquo;acquisitions de mines africaines couplées à des usines de traitement (<a href="https://ecfr.eu/publication/material-world-how-europe-can-compete-with-china-in-the-race-for-africas-critical-minerals/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">ECFR</a>). L&rsquo;enjeu pour l&rsquo;Afrique n&rsquo;est plus de vendre du minerai brut, mais d&rsquo;imposer la transformation sur place. La raffinerie d&rsquo;alumine de Guinée en est un exemple, et le Zimbabwe a suspendu ses exportations de lithium brut selon <a href="https://www.riotimesonline.com/africa-critical-minerals-race-2026/" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Rio Times</a>.</p>
<p>L&rsquo;Europe a signé des partenariats stratégiques avec la Namibie (2022), la RDC et la Zambie (2023) et le Rwanda (2024), et soutient le corridor de Lobito. Mais l&rsquo;ECFR souligne les limites : son Critical Raw Materials Act ne prévoit pas de financement direct, l&rsquo;électricité y coûte deux à trois fois plus cher qu&rsquo;aux États-Unis ou en Chine, et aucune entreprise européenne n&rsquo;opère encore dans le secteur namibien des minerais critiques, alors que des groupes chinois détiennent les deux principales mines d&rsquo;uranium du pays.</p>
<h2 id="le-reflux-européen-un-décrochage-dabord-politique">Le reflux européen : un décrochage d&rsquo;abord politique</h2>
<p>Le recul de l&rsquo;Europe tient moins à l&rsquo;économie qu&rsquo;à la perte de crédit politique et sécuritaire, la France en étant l&rsquo;illustration la plus nette.</p>
<ul>
<li><strong>Le retrait militaire français.</strong> Il s&rsquo;est étalé de mars 2022 à juillet 2025 et a mis fin à la présence militaire française au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Centrafrique, au Tchad, au Sénégal et en Côte d&rsquo;Ivoire. La France conserve des forces au Gabon et à Djibouti, où se trouve sa plus grande base restante.</li>
<li><strong>La rupture dans le Sahel.</strong> Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO en janvier 2025 et constitué l&rsquo;Alliance des États du Sahel. En juin 2026, le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec Paris (selon une analyse de Morocco World News). Des chercheurs danois (DIIS) avertissent que lire ces mouvements comme de simples relais de l&rsquo;influence russe ou chinoise revient à ignorer une vraie dynamique anticoloniale et souverainiste africaine.</li>
<li><strong>Des rivaux plus agiles.</strong> Selon GIS Reports, la Turquie, la Russie, les Émirats et surtout la Chine ont élargi leur influence par des relations d&rsquo;affaires pragmatiques, alors que l&rsquo;Europe compliquerait la vie de ses propres entreprises par des réglementations jugées idéologiques et un ton perçu comme condescendant. C&rsquo;est une lecture critique, pas un constat partagé par tous.</li>
</ul>
<p>Une nuance importante : tout ne s&rsquo;est pas effondré. Le franc CFA lie toujours quatorze économies à Paris et reste, selon Morocco World News, l&rsquo;instrument le plus durable de la France, mais aussi celui que les États du Sahel disent vouloir quitter. Paris resserre par ailleurs ses liens avec le Maroc (négociation d&rsquo;un traité bilatéral, premier déplacement du Premier ministre en juillet 2026) et renégocie une coopération plus discrète avec le Tchad.</p>
<h2 id="soft-power-le-poids-des-visas">Soft power : le poids des visas</h2>
<p>Le décrochage européen est aussi sociétal. Le taux de refus des visas Schengen pour les Africains est monté à 30 % en 2022 (18 % en 2014), contre une moyenne mondiale de 17,5 %, avec 40 à 50 % pour l&rsquo;Algérie et le Nigeria. En 2023, l&rsquo;UE a conservé environ 130 millions d&rsquo;euros de frais de dossiers refusés, dont 42 % payés par des Africains, qui ne déposent pourtant que 24 % des demandes (<a href="https://www.cer.eu/insights/access-denied-eus-discriminatory-visa-regime-undermining-its-reputation-africa" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Centre for European Reform</a>).</p>
<p><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-47060 size-large" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-1024x564.png" alt="" width="696" height="383" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-1024x564.png 1024w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-300x165.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-768x423.png 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-763x420.png 763w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-150x83.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-696x383.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-1068x588.png 1068w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen-568x313.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/09/4-refus-visas-schengen.png 1344w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /></a></p>
<p>Les rivaux en jouent : la Chine facture des visas à 6-9 euros contre 90 euros pour Schengen, et la Russie a vu le nombre d&rsquo;étudiants africains tripler en cinq ans, à 35 000 (même source). Nuance importante : la France reste le premier pays d&rsquo;accueil d&rsquo;étudiants africains de l&rsquo;UE, avec 126 000 avant la pandémie, et le CER décrit un régime européen, pas une politique propre à Paris. La Chine est par ailleurs devenue une destination d&rsquo;études de plus en plus prisée des étudiants africains, selon <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-024-01599-z" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Nature</a>.</p>
<h2 id="les-ripostes-de-leurope-beaucoup-dannonces-un-test-de-mise-en-œuvre">Les ripostes de l&rsquo;Europe : beaucoup d&rsquo;annonces, un test de mise en œuvre</h2>
<p>L&rsquo;Europe répond sur trois fronts : un cadre d&rsquo;investissement (Global Gateway), des initiatives nationales et un changement de méthode dans la relation politique.</p>

<table id="tablepress-5" class="tablepress tablepress-id-5">
<thead>
<tr class="row-1">
	<th class="column-1">Initiative</th><th class="column-2">Ce qui est annoncé</th><th class="column-3">Observations</th>
</tr>
</thead>
<tbody class="row-hover">
<tr class="row-2">
	<td class="column-1"><a href="https://commission.europa.eu/topics/international-partnerships/global-gateway_en">Global Gateway</a></td><td class="column-2">150 Md€ d'investissements en Afrique sur 2021-2027 ; conclusions du Conseil réaffirmées le 15 juin 2026</td><td class="column-3">Financement surtout privé, mobilisé par des garanties ; peu de fonds nouveaux selon <a href="https://sciencebusiness.net/news/eus-global-gateway-keeps-focus-investments-africa">Science|Business</a></td>
</tr>
<tr class="row-3">
	<td class="column-1"><a href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2026/05/18/retour-sur-le-sommet-africa-forward-les-11-et-12-mai-2026-a-nairobi">Sommet Africa Forward, Nairobi</a> (11-12 mai 2026)</td><td class="column-2">23 Md€ d'investissements annoncés (14 français, 9 africains), plus de 250 000 emplois visés</td><td class="column-3">Premier sommet dans un pays anglophone ; annonces, pas encore décaissements</td>
</tr>
<tr class="row-4">
	<td class="column-1"><a href="https://www.eeas.europa.eu/delegations/south-africa/media-release-team-europe-launches-r1-billion-global-gateway-projects_en">Team Europe, Afrique du Sud</a> (15 septembre 2026)</td><td class="column-2">Deux projets (hydrogène vert, minerais) d'environ 57,8 M€, dans un paquet de plus de 200 Md rands</td><td class="column-3">Un premier jalon de taille modeste</td>
</tr>
<tr class="row-5">
	<td class="column-1"><a href="https://ieu-monitoring.com/editorial/global-gateway-and-mattei-plan-eu-and-africa-deepen-investment-partnership/833679">Plan Mattei</a> (Italie)</td><td class="column-2">Accords de plus de 1,2 Md€ d'investissements et garanties conclus à Rome en juin 2025, articulés avec Global Gateway</td><td class="column-3">Coordination avec Bruxelles à suivre</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<!-- #tablepress-5 from cache -->
<p>Le sommet de Nairobi est révélateur du virage : Paris a quitté son espace francophone traditionnel et parle d&rsquo;investissements croisés plutôt que d&rsquo;aide, avec l&rsquo;assureur panafricain ATIDI, basé à Nairobi, comme institution phare. Certains observateurs y lisent l&rsquo;aveu que « l&rsquo;ancien logiciel africain est épuisé » (Geopolitics.fr), et des groupes français ont multiplié les mises en garde sur le terrain.</p>
<p>L&rsquo;Europe soutient aussi la zone de libre-échange continentale (ZLECAf), et cela compte : le commerce intra-africain ne pesait que 14 % du commerce total du continent en 2024, contre 57 % au sein de l&rsquo;UE (ISS). Le défi est de transformer des annonces en projets livrés, là où la Chine agit déjà par les chantiers, les concessions automobiles et les centres de données.</p>
<h2 id="les-normes-européennes-le-macf-un-protectionnisme-vert">Les normes européennes : le MACF, un « protectionnisme vert » ?</h2>
<p>Depuis le 1er janvier 2026, le mécanisme d&rsquo;ajustement carbone aux frontières (MACF) oblige les importateurs d&rsquo;acier, d&rsquo;aluminium, de ciment et d&rsquo;autres produits industriels lourds à acheter des certificats liés aux émissions incorporées, autour de 70 à 100 euros la tonne. La Chine, l&rsquo;Inde, la Russie et l&rsquo;Afrique du Sud y voient du protectionnisme et en contestent la compatibilité avec l&rsquo;OMC. L&rsquo;Égypte, qui estime que sa sidérurgie porterait 74 % de la charge, a demandé une exemption. Les exportateurs incapables de fournir des données d&rsquo;émissions vérifiées risquent de perdre leurs clients européens (<a href="https://www.euronews.com/my-europe/2026/01/01/eus-carbon-border-tax-on-heavy-industry-goods-goes-into-effect-risking-trade-escalation" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow">Euronews</a>).</p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;argument du contraste : l&rsquo;Europe pose des conditions, la Chine offre l&rsquo;accès à son marché sans réciprocité. Il est à nuancer, car ces règles répondent aussi à un objectif climatique européen et à la volonté d&rsquo;éviter la concurrence d&rsquo;industries moins contraintes.</p>
<p>La Chine gagne en vitesse et en visibilité, l&rsquo;Europe garde le poids, mais perd la confiance politique d&rsquo;une partie de l&rsquo;Afrique, et ce sont les États africains qui en profitent pour négocier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/chine-afrique-leurope-face-a-la-nouvelle-donne/">Chine-Afrique : l&rsquo;Europe face à la nouvelle donne</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sommet Africa Forward : Quel écho pour Dakar et l’écosystème financier de l&#8217;UEMOA ?</title>
		<link>https://reverberelemag.com/sommet-africa-forward-quel-echo-pour-dakar-et-lecosysteme-financier-de-luemoa/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=sommet-africa-forward-quel-echo-pour-dakar-et-lecosysteme-financier-de-luemoa</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 13:57:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=46848</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/diomaye-faye-ok-150x150.webp" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/diomaye-faye-ok-150x150.webp 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/diomaye-faye-ok-100x100.webp 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />Si les projecteurs de la diplomatie économique sont actuellement braqués sur Nairobi, l&#8217;onde de choc du sommet « Africa Forward » se fait ressentir jusqu&#8217;aux rives de la presqu&#8217;île du Cap-Vert. En actant un pivot assumé vers l&#8217;Afrique de l&#8217;Est anglophone, le partenariat franco-africain rebat les cartes. Pour le Sénégal, allié historique de Paris, cet [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/sommet-africa-forward-quel-echo-pour-dakar-et-lecosysteme-financier-de-luemoa/">Sommet Africa Forward : Quel écho pour Dakar et l’écosystème financier de l&rsquo;UEMOA ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/diomaye-faye-ok-150x150.webp" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/diomaye-faye-ok-150x150.webp 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/diomaye-faye-ok-100x100.webp 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p data-path-to-node="4"><span class="dropcap dropcap3">S</span>i les projecteurs de la diplomatie économique sont actuellement braqués sur Nairobi, l&rsquo;onde de choc du sommet « Africa Forward » se fait ressentir jusqu&rsquo;aux rives de la presqu&rsquo;île du Cap-Vert. En actant un pivot assumé vers l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est anglophone, le partenariat franco-africain rebat les cartes. Pour le Sénégal, allié historique de Paris, cet événement n&rsquo;est pas une mise à l&rsquo;écart, mais un véritable électrochoc stratégique : l’heure de la rente de situation géographique et linguistique est révolue. L&rsquo;attractivité se mesurera désormais à l&rsquo;aune de notre compétitivité financière et infrastructurelle.</p>
<h3 data-path-to-node="5">Dakar face au défi de la nouvelle boussole des investissements</h3>
<p data-path-to-node="6">Le choix du Kenya pour annoncer un paquet financier de 23 milliards d&rsquo;euros envoie un message clair : les capitaux iront là où les marchés sont les plus structurés pour les absorber. Pour le Sénégal, l&rsquo;enjeu est de maintenir son rang de hub sous-régional. Si l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est attire aujourd&rsquo;hui les grands projets logistiques — à l&rsquo;image des 700 millions d&rsquo;euros investis au port de Mombasa —, Dakar doit capitaliser sur ses propres chantiers, comme le port de Ndayane ou la restructuration urbaine de Diamniadio, pour capter cette nouvelle manne de co-investissements.</p>
<p data-path-to-node="7">La concurrence n&rsquo;est plus diplomatique ; elle est technique. Les investisseurs exigent désormais des projets matures, une maîtrise de la chaîne logistique et une réduction des frictions douanières.</p>
<h3 data-path-to-node="8">L’architecture financière : Une opportunité pour les banques locales</h3>
<p data-path-to-node="9">Le cœur des annonces de Nairobi porte sur la refonte de l&rsquo;architecture financière internationale, visant à alléger la perception du risque souverain. Pour notre secteur bancaire, contraint par un environnement macroéconomique parfois volatil et des taux directeurs contraignants, c&rsquo;est une piste cruciale.</p>
<p data-path-to-node="10">Si des mécanismes de garantie internationale plus flexibles voient le jour, cela pourrait transformer la modélisation du risque de crédit au sein de nos institutions. Sous le prisme des normes prudentielles de la BCEAO et des exigences IFRS 9, l&rsquo;accès à des lignes de financement ou de garantie de type AFD/Proparco à des coûts bonifiés permettrait de dégripper le financement à long terme. C&rsquo;est tout l&rsquo;enjeu pour les banques sénégalaises : comment structurer nos portefeuilles pour que ces fonds internationaux viennent soutenir l&rsquo;économie réelle, sans dégrader nos ratios de solvabilité ?</p>
<p data-path-to-node="11"><div class="rvb-bloc rvb-encadre"><p class="rvb-kicker">ENCADRÉ 01</p><h3 class="rvb-titre">Mécanismes de garantie et optimisation des fonds propres (BCEAO &amp; IFRS 9)</h3></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">Les 14 milliards d&rsquo;euros de financements bilatéraux annoncés à Nairobi incluent une part significative de garanties (via des institutions comme Proparco ou Bpifrance). Pour les banques de l&rsquo;UEMOA, l&rsquo;utilisation de ces garanties internationales de premier rang n&rsquo;est pas qu&rsquo;un simple confort commercial : c&rsquo;est un puissant levier d&rsquo;optimisation réglementaire.</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;"><b data-path-to-node="5,0,0" data-index-in-node="0">Allègement des RWA (Risk-Weighted Assets) :</b> Selon le dispositif prudentiel de la BCEAO, une exposition couverte par la garantie d&rsquo;une banque multilatérale de développement ou d&rsquo;une agence souveraine souveraine bien notée bénéficie d&rsquo;une pondération de risque fortement réduite. Cela permet aux banques locales de distribuer plus de crédits aux PME ou aux promoteurs immobiliers sans dégrader leur ratio de solvabilité global.</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;"><b data-path-to-node="5,1,0" data-index-in-node="0">Impact sur le provisionnement IFRS 9 :</b> Dans la modélisation du risque de crédit, la constitution des provisions pour pertes attendues (ECL &#8211; <i data-path-to-node="5,1,0" data-index-in-node="141">Expected Credit Losses</i>) dépend de la Probabilité de Défaut (PD) et de la Perte en Cas de Défaut (LGD). L&rsquo;intégration d&rsquo;une garantie internationale robuste vient drastiquement écraser la LGD. Mécaniquement, la charge du risque diminue, préservant ainsi le Produit Net Bancaire (PNB) face aux chocs conjoncturels.</span></p>
<p>
</div></p>

<h3 data-path-to-node="11">Le financement de l&rsquo;habitat et des infrastructures en ligne de mire</h3>
<p data-path-to-node="12">Au-delà des grands agrégats, cette liquidité potentielle doit ruisseler vers les secteurs souffrant d&rsquo;un déficit structurel de financements longs. Le secteur de la construction et de l&rsquo;immobilier sénégalais en est le parfait exemple.</p>
<p data-path-to-node="13">Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;accès au foncier aménagé et le financement de l&rsquo;habitat — qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de programmes d&rsquo;État, de coopératives de cadres ou de projets individuels — se heurtent à la cherté du crédit et au renchérissement des matériaux de construction. Si le paradigme d&rsquo;Africa Forward réussit à imposer un « financement vert » et inclusif, les institutions spécialisées dans l&rsquo;habitat pourraient y trouver des leviers pour proposer des conditions plus souples aux promoteurs immobiliers comme aux particuliers. Cela nécessite toutefois des données fiables et une ingénierie de crédit irréprochable pour rassurer ces nouveaux bailleurs.</p>
<p data-path-to-node="7"><span style="font-size: 11pt;"><div class="rvb-bloc rvb-encadre"><p class="rvb-kicker">ENCADRÉ 02</p><h3 class="rvb-titre">Quel levier pour le financement du secteur de l&#039;habitat ?</h3><p></span></p>
<p data-path-to-node="8"><span style="font-size: 11pt;">Le sommet a mis en exergue le financement d&rsquo;infrastructures durables. Au Sénégal, l&rsquo;une des déclinaisons directes de cette nouvelle doctrine financière concerne la structuration des crédits à long terme, nerf de la guerre pour le secteur de la construction et de l&rsquo;immobilier.</span></p>
<p data-path-to-node="9,0,0"><span style="font-size: 11pt;"><b data-path-to-node="9,0,0" data-index-in-node="0">Le défi de la transformation :</b> Les banques spécialisées dans l&rsquo;habitat font face à une asymétrie classique : financer des projets immobiliers ou des coopératives sur 15 à 20 ans avec des ressources souvent courtes.</span></p>
<p data-path-to-node="9,1,0"><span style="font-size: 11pt;"><b data-path-to-node="9,1,0" data-index-in-node="0">L&rsquo;apport du « Derisking » :</b> Les nouveaux instruments discutés à l&rsquo;Africa Forward visent à apporter des lignes de refinancement à long terme et à des taux bonifiés. Si ces liquidités sont captées par le marché dakarois, elles pourraient permettre de baisser le coût du crédit acquéreur.</span></p>
<p data-path-to-node="9,2,0"><span style="font-size: 11pt;"><b data-path-to-node="9,2,0" data-index-in-node="0">Financement de la chaîne de valeur :</b> Au-delà de l&rsquo;acquéreur final, ces fonds garantis pourraient sécuriser les crédits promoteurs et faciliter l&rsquo;importation ou la production locale de matériaux de construction (ciment, fer à béton), dont la volatilité des coûts pèse lourdement sur la rentabilité des chantiers (qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de grands programmes ou de villas individuelles).</span></p>
<p>
</div></p>

<h3 data-path-to-node="14">La feuille de route pour nos décideurs</h3>
<p data-path-to-node="15">L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est a su se positionner comme le laboratoire de l&rsquo;innovation financière. Pour que le Sénégal tire parti de cette nouvelle dynamique inaugurée à Nairobi, l&rsquo;écosystème financier dakarois doit faire preuve de proactivité :</p>
<ol start="1" data-path-to-node="16">
<li>
<p data-path-to-node="16,0,0"><b data-path-to-node="16,0,0" data-index-in-node="0">Renforcer l&rsquo;ingénierie de projet :</b> Les capitaux sont là, mais ils exigent une structuration rigoureuse (rentabilité, impact ESG).</p>
</li>
<li>
<p data-path-to-node="16,1,0"><b data-path-to-node="16,1,0" data-index-in-node="0">Moderniser l&rsquo;analyse du risque :</b> Intégrer des outils de pointe (automatisation, data analytics) pour fluidifier l&rsquo;octroi de crédit tout en maîtrisant les créances en souffrance.</p>
</li>
<li>
<p data-path-to-node="16,2,0"><b data-path-to-node="16,2,0" data-index-in-node="0">Stimuler les synergies public-privé :</b> L&rsquo;État ne peut plus être l&rsquo;unique garant. Les banques locales, les fonds de pension et le patronat doivent s&rsquo;insérer dans des schémas de co-investissement, à l&rsquo;image des 9 milliards d&rsquo;euros mobilisés par des acteurs africains lors de ce sommet.</p>
</li>
</ol>
<p data-path-to-node="17">Nairobi a donné le ton. À Dakar de démontrer que sa place financière possède la profondeur, l&rsquo;expertise et l&rsquo;agilité nécessaires pour capter les dividendes de ce nouveau paradigme.</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/sommet-africa-forward-quel-echo-pour-dakar-et-lecosysteme-financier-de-luemoa/">Sommet Africa Forward : Quel écho pour Dakar et l’écosystème financier de l&rsquo;UEMOA ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nairobi 2026 : Le sommet « Africa Forward » ou la consécration d’un nouveau paradigme économique</title>
		<link>https://reverberelemag.com/nairobi-2026-le-sommet-africa-forward-ou-la-consecration-dun-nouveau-paradigme-economique/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=nairobi-2026-le-sommet-africa-forward-ou-la-consecration-dun-nouveau-paradigme-economique</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 13:35:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[La Une]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=46844</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/Sommet-AFRICA-FORWARD-710x570-1-150x150.png" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="Sommet Africa Forward" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/Sommet-AFRICA-FORWARD-710x570-1-150x150.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/Sommet-AFRICA-FORWARD-710x570-1-100x100.png 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />Le ciel de Nairobi n’a jamais semblé aussi dégagé pour les relations entre la France et le continent. Ces 11 et 12 mai 2026, la capitale kenyane est devenue l&#8217;épicentre d’une diplomatie économique en pleine mutation. En lançant le sommet Africa Forward, Paris et Nairobi ne se sont pas contentés d&#8217;organiser une énième conférence : [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/nairobi-2026-le-sommet-africa-forward-ou-la-consecration-dun-nouveau-paradigme-economique/">Nairobi 2026 : Le sommet « Africa Forward » ou la consécration d’un nouveau paradigme économique</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/Sommet-AFRICA-FORWARD-710x570-1-150x150.png" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="Sommet Africa Forward" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/Sommet-AFRICA-FORWARD-710x570-1-150x150.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2026/05/Sommet-AFRICA-FORWARD-710x570-1-100x100.png 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p data-path-to-node="4"><span class="dropcap dropcap3">L</span>e ciel de Nairobi n’a jamais semblé aussi dégagé pour les relations entre la France et le continent. Ces 11 et 12 mai 2026, la capitale kenyane est devenue l&rsquo;épicentre d’une diplomatie économique en pleine mutation. En lançant le sommet <b data-path-to-node="4" data-index-in-node="238">Africa Forward</b>, Paris et Nairobi ne se sont pas contentés d&rsquo;organiser une énième conférence : ils ont acté le pivot stratégique de la France vers les moteurs de croissance de l’Afrique anglophone, tout en redéfinissant les règles du jeu financier.</p>
<h3 data-path-to-node="5">Au-delà du pré carré : L’audace géographique</h3>
<p data-path-to-node="6">Pour la première fois, un sommet de cette envergure se tient hors de la zone francophone traditionnelle. Ce choix n&rsquo;est pas anodin. En s&rsquo;alliant au président kenyan William Ruto, la France cherche à s&rsquo;extirper des pesanteurs historiques pour embrasser une Afrique de l’Est dynamique, technophile et résolument tournée vers l&rsquo;avenir. C’est un signal fort pour les acteurs de l’Afrique de l’Ouest : la compétition pour l&rsquo;attractivité est désormais continentale, et les partenariats ne s&#8217;embarrassent plus des barrières linguistiques.</p>
<h3 data-path-to-node="7">L’architecture financière : 23 milliards d&rsquo;euros sur la table</h3>
<p data-path-to-node="8">Le cœur du sommet bat au rythme des chiffres, et ils sont impressionnants. L&rsquo;annonce phare reste l&rsquo;engagement de <b data-path-to-node="8" data-index-in-node="113">23 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;investissements</b>. Mais au-delà du montant global, c’est la structure de ce financement qui interpelle l’analyste :</p>
<ul data-path-to-node="9">
<li>
<p data-path-to-node="9,0,0"><b data-path-to-node="9,0,0" data-index-in-node="0">14 milliards d&rsquo;euros</b> proviennent de financements publics et privés français (via l’AFD et Proparco).</p>
</li>
<li>
<p data-path-to-node="9,1,0"><b data-path-to-node="9,1,0" data-index-in-node="0">9 milliards d&rsquo;euros</b> sont mobilisés par des investisseurs africains, marquant une volonté de co-investissement réelle.</p>
</li>
</ul>
<p data-path-to-node="10">Le focus sur la réforme de l&rsquo;architecture financière internationale — un sujet cher au président Ruto — a dominé les débats. L’objectif est clair : réduire le coût de la dette et optimiser la perception du risque souverain pour permettre aux banques locales et aux PME d’accéder à des liquidités à des taux enfin compétitifs.</p>
<h3 data-path-to-node="11">Logistique et Innovation : Les piliers de la croissance</h3>
<p data-path-to-node="12">Le secteur privé n&rsquo;est pas resté en marge des déclarations d&rsquo;intention. L&rsquo;investissement de <b data-path-to-node="12" data-index-in-node="92">700 millions d&rsquo;euros</b> de CMA-CGM dans le port de Mombasa illustre la volonté de structurer des corridors logistiques performants, essentiels pour la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF).</p>
<p data-path-to-node="13">Parallèlement, l&rsquo;innovation et l&rsquo;intelligence artificielle ont été présentées comme les catalyseurs de cette transformation. Les panels ont mis en lumière une jeunesse africaine qui ne demande plus d&rsquo;aide au développement, mais des prises de participation dans des projets structurants.</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/nairobi-2026-le-sommet-africa-forward-ou-la-consecration-dun-nouveau-paradigme-economique/">Nairobi 2026 : Le sommet « Africa Forward » ou la consécration d’un nouveau paradigme économique</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Kunfabo : grandeur et décadence d&#8217;un rêve panafricain</title>
		<link>https://reverberelemag.com/kunfabo-grandeur-et-decadence-dun-reve-panafricain/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=kunfabo-grandeur-et-decadence-dun-reve-panafricain</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Aug 2025 00:16:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[Entrepreneuriat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=46832</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/08/Fadima-Diawara-kunfabo-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="Fadima Diawara" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/08/Fadima-Diawara-kunfabo-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/08/Fadima-Diawara-kunfabo-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />L&#8216;histoire commence par une fin, ou du moins, ce qui y ressemble. En octobre 2023, une publication sur les réseaux sociaux secoue le petit monde de la tech africaine. La voix est celle de Fadima Diawara, une entrepreneuse guinéenne jusque-là célébrée comme une icône. Ses mots sont chargés d&#8217;une colère froide et d&#8217;une profonde amertume [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/kunfabo-grandeur-et-decadence-dun-reve-panafricain/">Kunfabo : grandeur et décadence d&rsquo;un rêve panafricain</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/08/Fadima-Diawara-kunfabo-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="Fadima Diawara" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/08/Fadima-Diawara-kunfabo-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/08/Fadima-Diawara-kunfabo-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p><span class="dropcap dropcap3">L</span>&lsquo;histoire commence par une fin, ou du moins, ce qui y ressemble. En octobre 2023, une publication sur les réseaux sociaux secoue le petit monde de la tech africaine. La voix est celle de Fadima Diawara, une entrepreneuse guinéenne jusque-là célébrée comme une icône. Ses mots sont chargés d&rsquo;une colère froide et d&rsquo;une profonde amertume : « Je suis boycottée dans mon propre pays ». Elle annonce que Kunfabo, sa marque de smartphones, le projet de sa vie, a « fermé ses portes en Guinée » et « licencié ses employés ».</p>
<p>Sept mois plus tôt, cette même femme recevait, sous les applaudissements de l&rsquo;élite économique de Conakry, le prix de l&rsquo;innovation. Entre ces deux moments, un drame entrepreneurial s&rsquo;est noué, celui d&rsquo;une ambition panafricaine spectaculaire confrontée à la dure réalité des obstacles systémiques. L&rsquo;histoire de Kunfabo n&rsquo;est pas seulement celle d&rsquo;une startup ; c&rsquo;est une épopée moderne sur la quête de souveraineté technologique de l&rsquo;Afrique, avec ses héros, ses triomphes et ses tragédies.</p>
<h3>L&rsquo;étincelle d&rsquo;une rebelle</h3>
<p>Pour comprendre Kunfabo, il faut d&rsquo;abord comprendre Fadima Diawara. Née en 1986 en Guinée, fille d&rsquo;un fonctionnaire et d&rsquo;une enseignante, rien ne la prédestinait à la technologie. Juriste de formation, elle s&rsquo;expatrie à 23 ans en Espagne où, faisant preuve d&rsquo;une formidable capacité d&rsquo;adaptation, elle pivote vers la gestion et la comptabilité. C&rsquo;est en travaillant pour des multinationales comme Bershka qu&rsquo;elle se forge une « vision globale du business ».</p>
<p>Mais l&rsquo;étincelle de l&rsquo;entrepreneuriat jaillit d&rsquo;une blessure. Elle raconte avoir subi une profonde « injustice » de la part d&rsquo;un supérieur. Cet événement catalyse sa frustration et la transforme en une force motrice. Dans un murmure de défi, elle se fait une promesse en espagnol : « <i>todo te lo pierdes porque yo valgo más</i> » – c&rsquo;est toi qui perds, car je vaux plus que ça. Six mois plus tard, Kunfabo naissait. « Avec le recul, je le remercie », confiera-t-elle plus tard, « parce qu&rsquo;il a réussi à réveiller cette force en moi ».</p>
<p>Cette force devient une obsession. « Je dors Kunfabo, je mange Kunfabo, je me réveille Kunfabo », avoue-t-elle. Animée par une passion autodidacte pour la technologie et la conviction que l&rsquo;Afrique mérite sa propre marque de smartphones, elle identifie un vide sur le marché, dominé par des géants asiatiques et américains. En 2016, elle fait le grand saut : elle démissionne et investit toutes ses économies dans son projet.</p>
<h3>Forger une identité</h3>
<p>Kunfabo, qui signifie « être en contact » en malinké, n&rsquo;a jamais été qu&rsquo;un simple téléphone. C&rsquo;était une déclaration d&rsquo;identité. La mission était double : l&rsquo;inclusion numérique, grâce à des appareils abordables, et la construction d&rsquo;une fierté panafricaine.</p>
<p>Si les téléphones étaient, par nécessité économique, assemblés en Chine, leur âme était résolument africaine. L&rsquo;innovation de Kunfabo résidait dans sa suite d&rsquo;applications pré-installées, pensées pour le quotidien du continent.</p>
<p><i>Find Me</i> aidait à localiser les hôpitaux et pharmacies les plus proches, un outil potentiellement vital. <i>AfroCook</i> célébrait le patrimoine culinaire africain. Et surtout, en intégrant <i>Dikalo</i>, une messagerie développée par une startup camerounaise, Kunfabo ne se contentait pas de parler de collaboration panafricaine : elle la mettait en pratique. C&rsquo;était là son avantage, son authenticité.</p>
<h3>L&rsquo;ascension fulgurante</h3>
<p>Le lancement commercial en janvier 2020 est un succès immédiat. Les 3 000 premières unités s&rsquo;arrachent, non seulement en Guinée mais aussi au sein de la diaspora. La croissance est exponentielle : de 4 000 téléphones vendus à la mi-2022, les ventes bondissent à plus de 47 000 au début de 2023.</p>
<p>Ce succès repose sur des alliances stratégiques intelligemment nouées. Le tournant a lieu en novembre 2019, lorsque la Société Générale lui accorde un prêt de 300 000 euros, un acte de foi rare dans un secteur jugé risqué. Le coup de maître de Fadima Diawara est de rembourser cette somme en moins d&rsquo;un an, dès août 2020. Cette discipline financière transforme Kunfabo en un partenaire crédible et bancable. La relation avec la banque s&rsquo;approfondit, cette dernière proposant même les téléphones à ses clients via des crédits sans intérêt.</p>
<p>Les partenariats s&rsquo;enchaînent. Un accord de distribution avec le géant des télécoms MTN Guinée offre à la startup une visibilité nationale. Puis vient la consécration : un contrat gouvernemental pour fournir 40 000 téléphones à l&rsquo;Agence Nationale d&rsquo;Inclusion Économique et Sociale (ANIES), un projet destiné aux populations vulnérables.</p>
<p>Les récompenses pleuvent, d&rsquo;abord en Espagne où elle est nommée « Startup la plus originale » et « Meilleure entrepreneure » en 2020, puis au Sommet Afrique-France. Cette reconnaissance internationale, réimportée en Guinée, assoit sa crédibilité. Le couronnement a lieu en mars 2023, lorsque Kunfabo remporte le « Prix de l&rsquo;innovation » à Conakry. La boucle semble bouclée. L&rsquo;enfant prodige de la tech guinéenne est enfin célébrée chez elle.</p>
<h3>Le talon d&rsquo;achille</h3>
<p>Mais c&rsquo;est au sommet de sa gloire que la chute s&rsquo;amorce. La crise de Kunfabo est l&rsquo;anatomie d&rsquo;un effondrement provoqué par un point de défaillance unique : son marché d&rsquo;origine.</p>
<p>Le contrat avec l&rsquo;ANIES, qui devait être le joyau de sa couronne, devient sa pierre tombale. Fadima Diawara décrit une rupture de communication brutale et totale de la part de l&rsquo;agence gouvernementale : un « silence radio », un « mépris total », laissant le projet dans une impasse mortelle. Ce contrat, qui avait propulsé Kunfabo, devient la cause directe de sa chute en Guinée.</p>
<p>L&rsquo;épisode révèle un « vide institutionnel » tragique. Dans un environnement stable, un tel contrat, co-financé par une grande banque, serait protégé par des garanties légales. Le fait que le principal recours de la fondatrice soit un cri de colère sur les réseaux sociaux plutôt qu&rsquo;une action en justice témoigne d&rsquo;une défaillance de l&rsquo;État de droit. La haute visibilité de Kunfabo, son statut de champion national, l&rsquo;a paradoxalement rendue plus vulnérable, l&rsquo;exposant à des dynamiques politiques ou à des comportements de prédation qu&rsquo;une entreprise plus discrète aurait pu éviter. Le « boycott » qu&rsquo;elle dénonce semble moins relever d&rsquo;un échec commercial que d&rsquo;une manœuvre extra-légale.</p>
<h3>L&rsquo;Avenir à écrire</h3>
<p>Qualifier cette histoire d&rsquo;échec serait une erreur. Fadima Diawara a prouvé qu&rsquo;il était possible de créer une marque de matériel technologique forte, porteuse d&rsquo;une identité africaine et désirée par les consommateurs. Elle a démontré qu&rsquo;une femme pouvait s&rsquo;imposer dans un univers d&rsquo;hommes.</p>
<p>La saga Kunfabo est une leçon cinglante sur les risques de l&rsquo;entrepreneuriat industriel en Afrique. Elle montre que si la fintech et les logiciels peuvent « sauter » par-dessus les infrastructures défaillantes, l&rsquo;industrie du matériel, elle, ne le peut pas. Elle a besoin de fondations solides : une gouvernance stable, une logistique fiable et, surtout, un État de droit.</p>
<p>Pourtant, le dernier chapitre de cette histoire reste à écrire. Fadima Diawara a qualifié la situation de « partie remise ». Déclarant chercher un nouveau « pays d&rsquo;adoption » pour ses projets, elle fait preuve d&rsquo;une résilience qui force l&rsquo;admiration. La question de savoir si le rêve Kunfabo peut renaître de ses cendres, dans un environnement plus propice, sera un indicateur puissant pour toute une génération d&rsquo;innovateurs qui rêvent, comme elle, d&rsquo;un avenir technologique véritablement « Made in Africa ».</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/kunfabo-grandeur-et-decadence-dun-reve-panafricain/">Kunfabo : grandeur et décadence d&rsquo;un rêve panafricain</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Guinea Fintech Week 2025 : Construire la finance numérique de demain en Afrique de l’Ouest : rendez-vous à Conakry pour GFW2025</title>
		<link>https://reverberelemag.com/guinea-fintech-week-2025construire-la-finance-numerique-de-demain-en-afrique-de-louest-rendez-vous-a-conakry-pour-gfw2025/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=guinea-fintech-week-2025construire-la-finance-numerique-de-demain-en-afrique-de-louest-rendez-vous-a-conakry-pour-gfw2025</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 23:00:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Guinée]]></category>
		<category><![CDATA[communiqué]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=46753</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/07/GFW2025-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/07/GFW2025-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/07/GFW2025-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />[no-toc] Conakry, le 30 juin 2025 – Alors que l’Afrique de l’Ouest francophone est à un tournant décisif de sa transformation digitale, les enjeux liés à la finance numérique, à l’inclusion financière et à l’innovation locale prennent une ampleur inédite. Entre la montée en puissance des fintechs, l&#8217;évolution des cadres réglementaires et l’urgence d’une souveraineté [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/guinea-fintech-week-2025construire-la-finance-numerique-de-demain-en-afrique-de-louest-rendez-vous-a-conakry-pour-gfw2025/">Guinea Fintech Week 2025 : Construire la finance numérique de demain en Afrique de l’Ouest : rendez-vous à Conakry pour GFW2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/07/GFW2025-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/07/GFW2025-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/07/GFW2025-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p>[no-toc]</p>
<div><strong><em>Conakry, le 30 juin 2025</em></strong> – Alors que l’Afrique de l’Ouest francophone est à un tournant décisif de sa transformation digitale, les enjeux liés à la finance numérique, à l’inclusion financière et à l’innovation locale prennent une ampleur inédite. Entre la montée en puissance des fintechs, l&rsquo;évolution des cadres réglementaires et l’urgence d’une souveraineté numérique régionale, un espace de dialogue structuré devient essentiel.</div>
<h4><strong>L’Afrique francophone cherche son modèle de finance numérique</strong></h4>
<div>Sur un continent marqué par des initiatives pionnières en Afrique anglophone, les pays d’Afrique de l’Ouest francophone accélèrent leur intégration technologique. Mobile money, néobanques, crypto-actifs, paiements transfrontaliers, financement des startups : les dynamiques s’intensifient, mais les défis d’interopérabilité, de régulation et d’accès au capital demeurent structurants.</div>
<h4><strong>La Guinée au cœur du débat régional</strong></h4>
<div>Dans ce contexte, la Guinée s’impose progressivement comme une plateforme de convergence entre innovation, institutions et ambitions régionales. Forte d’un écosystème tech en pleine croissance et d’une volonté politique affirmée, elle accueille cette année la troisième édition de la Guinea Fintech Week (GFW2025), les 22 et 23 octobre 2025, au Riviera Royal Hôtel de Conakry, sous le thème : « Construire la finance numérique de demain en Afrique de l’Ouest ».</div>
<h4><strong>GFW2025 : une édition pensée comme un accélérateur d’impact</strong></h4>
<div>Avec plus de 1 500 participants attendus, 45 speakers issus d’Afrique, d’Europe et du monde, et 25 startups innovantes en exposition, GFW2025 ambitionne de créer un pont concret entre politiques publiques, innovation technologique et inclusion financière.</div>
<div>Matteo Rizzi, Senior Partner Africa &amp; Middle East, GFT, investisseur et figure incontournable de la scène fintech mondiale, interviendra aux côtés d’experts régionaux, de régulateurs, de banquiers, de startups et d’investisseurs.</div>
<h4>Au programme :</h4>
<ul>
<li>Panels sur la régulation, la collaboration Fintech et État (PPP), La Cybersécurité et les Technologies émergentes (IA, Blockchain), la crypto et transfert d’argent (Stable coins), les paiements, la ZLECAF</li>
<li>Un espace d’innovation et d’exposition</li>
<li>Des rencontres B2B, pitchs, masterclasses, et dialogues multi-acteurs</li>
<li>Une plateforme de matchmaking entre investisseurs et porteurs de projets</li>
</ul>
<div><strong>Un appel à tous les bâtisseurs de la finance de demain</strong></div>
<div>GFW2025 s’adresse aux décideurs publics, fondateurs de startups, banques, institutions de développement, capital-risqueurs, regtechs, et penseurs de l’écosystème numérique africain.</div>
<div>Plus qu’un événement, c’est une étape stratégique dans la construction d’un modèle africain inclusif et souverain de la finance digitale.</div>
<div></div>
<div><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4c5.png" alt="📅" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Dates : 22–23 octobre 2025 <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4cd.png" alt="📍" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Lieu : Riviera Royal Hôtel, Conakry – Guinée</div>
<div><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f310.png" alt="🌐" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Infos &amp; inscription : www.guineafintechweek.com</div>
<div><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4e9.png" alt="📩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Contact presse : info@guineafintechweek.com | +224 629 30 38 47</div>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/guinea-fintech-week-2025construire-la-finance-numerique-de-demain-en-afrique-de-louest-rendez-vous-a-conakry-pour-gfw2025/">Guinea Fintech Week 2025 : Construire la finance numérique de demain en Afrique de l’Ouest : rendez-vous à Conakry pour GFW2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jumia : Croissance, défis et évolution</title>
		<link>https://reverberelemag.com/jumia-croissance-defis-et-evolution/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=jumia-croissance-defis-et-evolution</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Feb 2025 15:54:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Business & Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Entrepreneuriat]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=45370</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/02/Jumia-Image-13-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="Un employé de chez Jumia" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/02/Jumia-Image-13-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/02/Jumia-Image-13-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />Fondée en 2012 par Jérémy Hodara et Sacha Poignonnec, Jumia, souvent surnommée l&#8217;« Amazon africain », a rapidement étendu sa présence à travers le continent, devenant en 2016 le premier « unicorn » africain. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;entreprise opère dans neuf pays et enregistre plus de 70 millions de visites mensuelles sur sa plateforme. Un modèle économique confronté aux [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/jumia-croissance-defis-et-evolution/">Jumia : Croissance, défis et évolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/02/Jumia-Image-13-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="Un employé de chez Jumia" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/02/Jumia-Image-13-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2025/02/Jumia-Image-13-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p><span class="dropcap dropcap3">F</span>ondée en 2012 par Jérémy Hodara et Sacha Poignonnec, Jumia, souvent surnommée l&rsquo;« Amazon africain », a rapidement étendu sa présence à travers le continent, devenant en 2016 le premier « unicorn » africain. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;entreprise opère dans neuf pays et enregistre plus de 70 millions de visites mensuelles sur sa plateforme.</p>
<h2>Un modèle économique confronté aux réalités africaines</h2>
<p>L&rsquo;adaptation du modèle de marketplace aux spécificités africaines présente des défis uniques. Les infrastructures logistiques limitées et l&rsquo;accès restreint à Internet compliquent la distribution des produits. Pour surmonter ces obstacles, Jumia a mis en place des solutions innovantes telles que le paiement à la livraison et le développement d&rsquo;un réseau de points de collecte. Cependant, ces initiatives entraînent des coûts opérationnels élevés, impactant la rentabilité de l&rsquo;entreprise.</p>
<h2>Résultats financiers et évolution du cours de l&rsquo;action</h2>
<p>En 2024, Jumia a entrepris des mesures pour optimiser ses opérations, notamment en se retirant de marchés moins rentables comme l&rsquo;Afrique du Sud et la Tunisie, entraînant la suppression d&rsquo;environ 110 emplois. Cette stratégie vise à concentrer les efforts sur des régions à plus fort potentiel de croissance.</p>
<p>Malgré ces ajustements, les résultats financiers restent contrastés. Pour les deux mois se terminant le 30 novembre 2024, Jumia a enregistré 4,3 millions de commandes, soit une augmentation de 18 % par rapport à la même période en 2023. Cependant, la valeur brute des marchandises (GMV) en monnaie constante n&rsquo;a augmenté que de 2 %, affectée par des dévaluations monétaires significatives au Nigeria et en Égypte.</p>
<p>Depuis son introduction en bourse en avril 2019 au New York Stock Exchange (NYSE) avec une action initialement cotée à 14,50 dollars, Jumia a connu une volatilité notable de son cours boursier. Après un pic à près de 50 dollars en mai 2019, la valeur de l&rsquo;action a chuté sous les 5 dollars à la fin de la même année. En février 2025, le cours de l&rsquo;action Jumia se situe autour de 2,76 dollars, reflétant les défis persistants auxquels l&rsquo;entreprise est confrontée.</p>
<h2>Stratégies de croissance face à une concurrence accrue</h2>
<p>La concurrence s&rsquo;intensifie avec l&rsquo;entrée d&rsquo;acteurs internationaux tels que Temu, une entreprise chinoise qui a pénétré le marché nigérian en décembre 2024. Malgré cette nouvelle concurrence, le PDG de Jumia, Francis Dufay, reste optimiste. Dans une interview accordée à Reuters en février 2025, il affirme que le marché africain est suffisamment vaste pour accueillir plusieurs acteurs. Il prévoit une croissance des commandes de 25 % en 2025 tout en poursuivant les efforts de réduction des coûts pour atteindre la rentabilité.</p>
<p>Pour améliorer son efficacité opérationnelle, Jumia a inauguré en juin 2024 de nouveaux entrepôts intégrés à Lagos, au Nigeria, et à Casablanca, au Maroc. Ces infrastructures visent à optimiser la chaîne logistique et à réduire les délais de livraison. Parallèlement, l&rsquo;entreprise a recentré ses activités en suspendant la livraison de repas sur sept marchés en décembre 2023, afin de se concentrer sur la distribution de biens physiques, conformément à sa stratégie d&rsquo;optimisation des ressources pour atteindre la rentabilité.</p>
<h2>Perspectives d&rsquo;avenir</h2>
<p>Jumia se trouve à un tournant décisif. Les initiatives récentes montrent une volonté de s&rsquo;adapter aux réalités du marché africain et de renforcer sa position face à une concurrence accrue. La réussite de ces stratégies déterminera si Jumia peut surmonter les défis actuels et s&rsquo;imposer durablement comme le leader du e-commerce en Afrique.</p>
<p>Dans une interview exclusive avec Bloomberg en mai 2024, Francis Dufay a souligné l&rsquo;importance de l&rsquo;expansion dans les villes secondaires africaines comme véritable levier de croissance pour Jumia. Il a également mentionné la finalisation d&rsquo;une levée de fonds de 100 millions de dollars pour soutenir cette expansion et la transformation logistique de l&rsquo;entreprise.</p>
<p>En conclusion, bien que Jumia fasse face à des défis significatifs, son engagement envers l&rsquo;innovation, l&rsquo;adaptation aux réalités locales et l&rsquo;expansion stratégique pourrait bien positionner l&rsquo;entreprise pour une croissance durable dans le paysage concurrentiel du e-commerce africain.</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/jumia-croissance-defis-et-evolution/">Jumia : Croissance, défis et évolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Daba Finance : l&#8217;investissement à portée de clic</title>
		<link>https://reverberelemag.com/daba-finance-linvestissement-a-portee-de-clic/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=daba-finance-linvestissement-a-portee-de-clic</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Réverbère]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Nov 2024 15:27:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Entrepreneuriat]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation & Tech]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://reverberelemag.com/?p=45317</guid>

					<description><![CDATA[<p><img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-cover-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-cover-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-cover-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" />Dans le confort de sa chambre, couché dans son lit, télévision allumée, Seydina Oumar Ba, défile sur daba finance à la découverte d&#8217;une opportunité ou investir son épargne. il hésite cependant entre des actions de la Sonatel qui affiche de bonne performance ou investir dans une startup en cours de création. Il avait identifié WiAssur, [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/daba-finance-linvestissement-a-portee-de-clic/">Daba Finance : l&rsquo;investissement à portée de clic</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="150" height="150" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-cover-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail wp-post-image" alt="" decoding="async" loading="lazy" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-cover-150x150.jpg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-cover-100x100.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><p><span class="dropcap dropcap3">D</span>ans le confort de sa chambre, couché dans son lit, télévision allumée, Seydina Oumar Ba, défile sur daba finance à la découverte d&rsquo;une opportunité ou investir son épargne. il hésite cependant entre des actions de la Sonatel qui affiche de bonne performance ou investir dans une startup en cours de création. Il avait identifié WiAssur, entre entreprise ivoirienne, spécialisée dans le courtage d&rsquo;assurance. Toute la documentation concernant l&rsquo;entreprise est disponible dans l&rsquo;application. Toutes ces lectures maintenait Seydina dans son lit. Une fois qu&rsquo;il avait déniché la bonne opportunité, il lui suffisait juste de cliquer sur le bouton investir et c&rsquo;était fait.</p>
<h4><strong>Au commencement, Afrika Startup Lab</strong></h4>
<figure id="attachment_45318" aria-describedby="caption-attachment-45318" style="width: 329px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-45318" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-300x233.jpeg" alt="" width="329" height="256" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-300x233.jpeg 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-768x596.jpeg 768w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-541x420.jpeg 541w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-150x116.jpeg 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-696x540.jpeg 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance-568x441.jpeg 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/founders-Daba-Finance.jpeg 880w" sizes="auto, (max-width: 329px) 100vw, 329px" /></a><figcaption id="caption-attachment-45318" class="wp-caption-text">Boom III Jr et Anthony Miclet fondateur de Daba FInance</figcaption></figure>
<p>Daba Finance est un aboutissement. Au début Boom III Jr, originaire du Cameroun, et Anthony Miclet, alors ingénieur chez Nasdaq, s&rsquo;étaient réunis pour fonder Afrika Startup Lab Une startup qui avait pour objectifs de renforcer les entrepreneurs africains et les aider à relever les défis et à combler le fossé en matière d&rsquo;information, de ressources et de financement. Alors qu&rsquo;il était employé à Nasdaq, Boom III Jr avait lancé Mbo&rsquo;Wamune entreprise florissante spécialisé dans l&rsquo;hébergement pour voyage d&rsquo;affaires. L&rsquo;entreprise marchait bien à ses début. Elle avait généré près d&rsquo;un million de dollars, accueilli plus de 7.000 clients sur 20 propriétés. Mais la crise de la COVID avait rendu les chose plus difficile alors qu&rsquo;elle se préparait à lever des fonds. Cette crise de la COVID, comme il dit, lui permis de renforcer ses capacités mentales alors qu&rsquo;il avait réussi à stabiliser l&rsquo;entreprise par la suite. Il se décide à prendre contact avec la communité des entrepreneurs africain afin de leur proposer ses conseils sur la manière de gérer les opportunités ou les difficultés engendrées par la crise de la COVID-19. Cet exercice qui a duré près de 3 mois lui a permis d&rsquo;être à nouveau en contact avec Anthony Miclet qui aussi mentorait des chef de projets au Nigeria. Ainsi nassait Afrika Startup Lab, une plateforme dans laquelle 10 personnes offraient des sessions de mentorat de 30 minutes par semaines avec pour objectifs d&rsquo;aider 300 entrepreneurs à la fin de l&rsquo;année.</p>
<p>[no_toc]</p>
<p>Après avoir fait tourner Afrika Startup Lab pendant plus de 2 ans, Boom III Jr et Anthony Miclet, ont pas mal de défis dont l&rsquo;accès difficile au financement constituait le plus important. Dans un entretien accordait à TechCabal, Boom III Jr disait « qu&rsquo;à Afrika Startup Lab, nous avons réalisés que beaucoup de Startup, malgré leur viabilité, éprouvaient des difficultés à accéder à des capitaux suffisants pour démarrer leurs activités ». Cette absence de financement ne découle d&rsquo;un manque d&rsquo;intérêt pour le continent africain, pas même d&rsquo;une absence de financement, mais vient de l&rsquo;incapacité des startups africaines à séduire les investisseurs.</p>
<h4><strong>Ils virent que c&rsquo;était bien, ensuite ils créèrent Daba Finance</strong></h4>
<figure id="attachment_45319" aria-describedby="caption-attachment-45319" style="width: 400px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-45319" src="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-300x224.png" alt="app daba finance" width="400" height="298" srcset="https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-300x224.png 300w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-563x420.png 563w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-80x60.png 80w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-150x112.png 150w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-485x360.png 485w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-696x519.png 696w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-265x198.png 265w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance-568x424.png 568w, https://reverberelemag.com/wp-content/uploads/2024/11/daba-finance.png 752w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a><figcaption id="caption-attachment-45319" class="wp-caption-text">Application mobile daba finance</figcaption></figure>
<p>La plateforme Daba Finance est née pour combler ce gap de financement. Elle devait permettre de réunir les investisseurs et les individus disposant d&rsquo;une bonne capacité d&rsquo;épargne à investir dans des startup Africaines. Sur leur site on peut lire ce qui suit: « La vision de daba est de développer une solution unifiée permettant aux investisseurs de tous niveaux de trouver et d’investir dans les meilleures opportunités que les marchés africains ont à offrir dans plusieurs classes d’actifs et pays ».</p>
<p>La particularité, offrir aux investisseurs un large éventail d&rsquo;actifs sur le marché public comme la bourse ou sur le marché privé ce qui leur permet de diversifier leur portefeuille d&rsquo;investissement.</p>
<p>Depuis sa création plusieurs entreprise on pu lever des fonds grâce à la plateforme Daba Finance. Notamment Wiassur qui a pu récolté 300.000 dollars auprès de First Circle Capital, Microtraction et Proximity Ventures.</p>

<p>En Août 2024, Daba Finance a annoncé son partenariat avec Fundr, une plateforme d&rsquo;investissement américaine afin d&rsquo;élargir l&rsquo;offre d&rsquo;investissement et tirer profit du réseau d&rsquo;investisseurs de la plateforme américaine.</p>
<p>L&rsquo;entreprise a remporté le prix Ecobank Fintech Challenge de 50.000 dollars USD.</p>
<p>Cet article <a href="https://reverberelemag.com/daba-finance-linvestissement-a-portee-de-clic/">Daba Finance : l&rsquo;investissement à portée de clic</a> est apparu en premier sur <a href="https://reverberelemag.com">Réverbère</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
